Al Asha^ira sont les références de Ahl As-Sunna wal Jama^a

Publié le 13 Juin 2009

 
bismilah  
 
salam  
Al Asha^ira sont les références de Ahl As-Sunna wal Jama^a  
 
 
 
 
La question des savants et érudits ash`arîsréférences parmi les savants de Ahl As-Sunnah -, et de leur école en matière de credo, a été évoquée dans le cadre d’une discussion ouverte pour délimiter les frontières de la ligne du site islamie.com. 
 
Je suis persuadé qu’il n’est pas pertinent d’ouvrir une telle question au public et qu’il était préférable de choisir un comité restreint et compétent pour faire une synthèse sur la question et la présenter en vue d’une implémentation sur l’ensemble des forums du site. Il aurait été plus juste de demander aux frères Patel et Mâlik (et éventuellement de quelques autres frères qu’ils auraient eux-mêmes choisis), s’ils le veulent bien, de faire une synthèse sur le sujet. Mais puisque la discussion tolère les contributions du commun des mortels – et j’en fais partie -, je soumets aux frères Patel et Jeb quelques réflexions qui méritent, à mon sens, leur attention. 
 
J’ai essayé de m’appliquer au mieux dans la traduction, et je donne, lorsque cela m’est possible, la source arabe, la porte reste ainsi ouverte à d’autres propositions de traduction. 
 
Je précise également que pendant le développement qui va suivre, j’ai souvent employé le mot ash`arî, en pensant ash`arî et mâturîdî. 
 
Inshâ’Allâh ce court exposé va s’articuler selon le plan suivant :  
 
1) Les Ash`arîs majorité de Ahl As-Sunnah 
 
a) Sheikh Al-Boutî 
b) Sheikh Al-Qaradâwî 
c) L’Imâm Ibn Rushd (l’aïeul) 
 
2) Les méthodologies agréées par les Imâms Ash`arîs 
 
a) Introduction 
b) Les deux méthodologies refusées 
c) La méthodologie des pieux prédécesseurs (le Salaf) 
d) La méthodologie de vertueux savants du Khalaf 
e) Les deux méthodologies agréées par les savants ash`arîs 
 
3) Limiter la polémique 
 
a) Entre le Khalaf et le Salaf 
b) Des éléments d’interprétation chez Ibn Kathîr et des gens du Salaf 
 
4) Synthèse 
 
 
 
 
Bismillâh. 
 
 
1) Les Ash`arîs majorité de Ahl As-Sunnah 
 
a) Sheikh Al-Boutî 
 
Je reproduis ci-dessous une question posée à Sheikh Muhammad Sa`îd Ramadan Al-Boutî, qui dirige le Département des Croyances et des Religions à l’Université de Damas, et sa réponse. 
 
Question 
 
Quelle était la croyance des musulmans avant l'apparition des ash`arites et des mâturîdites ?  
 
Réponse de Sheikh Al-Boutî 
 
Les ash`arites et des mâturîdites sont ceux qui ont préservé et nous ont transmis la croyance des musulmans d'Ahl As-Sunnah wal-Jamâ`ah dont le Messager d'Allâh - paix et bénédictions sur lui - a fait l'éloge et a ordonné de suivre, comme dans sa parole : "Attachez-vous à ma tradition et à la tradition des califes bien guidés". Les ash`arites sont appelés d'après le nom de l'Imâm `Alî Ibn Ismâ`îl, Abû Al-Hasan, Al-Ash`arî, et les mâturîdites d'après l'Imâm Abû Mansûr Al-Mâturîdî. Les deux hommes sont des figures saillantes parmi nos pieux prédécesseurs qui ont fait triomphé la croyance du salaf, Ahl As-Sunnah wal-Jamâ`ah. Aucun des deux n'a inventé une nouvelle croyance, ni une nouvelle école religieuse. 
 
 
 
 
b) Sheikh Al-Qaradâwî 
 
Aux propos de Sheikh Al-Boutî, ajoutons ce témoignage de Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî.  
 
Question 
 
Sheikh Al-Qaradawî - qu'Allâh vous garde -, nous avons entendu certaines personnes accuser les frères musulmans d'être des ash`arites. Qu'en est-il ?  
 
Réponse de Sheikh Al-Qaradâwî 
 
L'accusation des frères musulmans d'être ash`arites n'amoindrit en rien leur valeur étant donné que la majorité de la communauté musulmane est soit ash`arite soit mâturîdite - les mâtûridites étant une partie de Ahl As-Sunnah wal jamâ`ah dont l'Imâm est Abû Al-Hasan Al-Mâtûrîdî. Ainsi les mâlékites et les shâfi`ites sont-ils ash`arites et les hanafites sont mâtûridites. De même, les universités islamiques dans le monde musulman sont soit ash`arites soit mâtûrîdites : Al-Azhar en Égypte, Az-Zaytûnah en Tunisie, Al-Qarawiyyûn au Maroc, Déoband en Inde ainsi que d'autres institutions et universités religieuses.  
 
Si nous disons « les ash`arites ne font pas partie de Ahl As-Sunnah », nous aurons alors jugé que toute la communauté musulmane, ou sa plupart, est égarée et nous aurons alors commis ce que font les groupes que nous accusons de déviance.  
 
Puis, qui a porté l'étendard de la sunnah et a combattu ses adversaires tout au long des siècles passés, si ce n'est les ash`arites et les mâtûrîdites ?  
 
Tous nos savants et nos grands imâms en faisaient partie : Al-Bâqillânî, Al-Isfarâyînî, l'Imâm des deux Sanctuaires Al-Juwaynî, Abû Hâmid Al-Ghazâlî, Al-Fakhr Ar-Râzî, Al-Baydâwî, Al-Âmidî, Ash-Shahrastânî, Al-Baghdâdî, Ibn Abd As-Salâm, Ibn Daqîq Al-`Îd, Ibn Sayyid An-Nâs, Al-Bulqînî, Al-`Irâqî, An-Nawawî, Ar-Râfi`î, Ibn Hajar Al-`Asqalânî, As-Suyûtî ; et dans le Maghreb : At-Tartûshî, Al-Mâziri, Al-Bâjî, Ibn Rushd l'aïeul, Ibn Al-`Arabî, Al-Qâdî `Iyâd, Al-Qurtubî, Al-Qarâfî, Ash-Shâtibî et d'autres.  
 
Et parmi les hanafites, il y a Al-Karkhî, Al-Jassâs, Ad-Dabbûsî, As-Sarakhsî (ou As-Sarkhasî), As-Samarqandî, Al-Kâsânî, Ibn Al-Humâm, Ibn Nujaym, At-Taftazânî, Al-Bazdawî et d'autres.  
 
Et les frères salafis qui disent du mal de façon générale des ash`arites sont dans l'erreur et la transgression. En effet, les ash`arites sont une branche de Ahl As-Sunnah wa'l-Jamâ`ah, que la communauté a agréée, car ils ont agrée le Livre et la Sunnah comme sources. Ne leur nuirait point le fait de se tromper dans certaines questions, ou d'opter pour un avis moins probant ou même un avis erroné, car ce sont des humains qui font leur ijtihâd et ne sont pas infaillibles. Il n'y a aucun groupe exempt des faux-pas ou des erreurs dans son ijtihâd, que ce soit dans les questions des branches ou celles des fondements, et dans les paroles de chacun il y a à prendre et à laisser, sauf le Prophète Infaillible, paix et bénédiction de Dieu sur lui.  
 
Sauf qu'en vérité, les « Frères Musulmans » dans leur tendance générale ne sont ni pro-ash`arites, ni anti-ash`arites. Ils puisent leur Credo du Coran en premier lieu, puis de la Sunnah authentique en second lieu, et prennent de chaque groupe ce qu'il y a de mieux, en optant pour l'opinion qui est soutenue par la preuve et l'argument, préférant la voie du Salaf à celle du Khalaf, sans sectarisme ni fermeture, appelant à l'union et innocents de tout shirk, grand ou petit, explicite ou caché.  
 
Louange à Allâh au début et en conclusion. 
 
 
Sheikh Al-Qaradâwî rappela ainsi que les grands savants, Imâms et érudits de l’Islam étaient asha`rîs/maturîdîs de même que la majorité de la communauté musulmane. Quant au fait que les Frères Musulmans préfèrent la méthodologie du Salaf à celle du Khalaf, nous verrons plus loin (cf. section 2 et 3) que cela n’est pas en contradiction avec la voie des savants ash`arîs de Ahl As-Sunnah que nous citerons, ainsi que Hasan Al-Bannâ. 
 
 
c) L’Imâm Ibn Rushd (l’aïeul) 
 
Le grand juriste et juge malékite, Abû Al-Walîd Muhammad Ibn Ahmad Ibn Rushd fut interrogé au sujet de certains savants ash`arîs (Abû Al-Hasan Al-Ash`arî, Abû Ishâq Al-Isfarayînî, Abû Bakr Al-Bâqillânî, Abû Bakr Ibn Fôrak, Abû Al-Ma`âlî, et leurs semblables), de ceux qui les dénigrent ou les insultent, et de ceux qui insultent les ash`arîs, les déclarent mécréants et déviants… 
 
Sa réponse fut :  
 
« J’ai parcouru, puisse Dieu nous protéger ainsi que toi, ta question et j’ai examiné le nom des savants que tu as mentionnés. Il s’agit d’Imâms du bien et de la guidance. Ils sont du nombre des savants à prendre comme modèle, car ils ont donné la victoire à la sharî`ah et réfuté les fausses allégations des gens de la déviance et de l’égarement. Ils ont résolu les questions problématiques et exposé les croyances auxquelles il convient d’adhérer. Par leur connaissance des fondements des religions, ce sont les véritables savants ; car ils savent ce qui est nécessaire, admissible et impossible au sujet de Dieu et on ne peut connaître les branches de la religion, sans en connaître les fondements. Il convient donc de reconnaître leurs mérites et leur prééminence. Ce sont ceux dont le Messager de Dieu – paix et bénédiction de Dieu sur lui – dit : «De chaque génération, les justes porteront cette science la débarrassant de la falsification des immodérés, des fausses allégations des gens du faux, et l’interprétation des ignorants 
 
Ne les accuse d’ignorance et d’égarement qu’un idiot ignorant, ou innovateur dévoyé s’écartant de la vérité. Ne les insulte et ne les calomnie qu’un pervers, et Dieu – Exalté soit-Il – dit : «Et ceux qui offensent les croyants et les croyantes sans qu'ils l'aient mérité, se chargent d'une calomnie et d'un péché évident.» […] » 
 
 
Ces différents témoignages soulignent la dominance de l’école ash`arie au sein de Ahl As-Sunnah, les mérites des savants et Imâms de cette école, et rappellent leur rôle dans la défense et la transmission du credo de Ahl As-Sunnah. 
 
Sheikh Sa`îd Hawwâ, que Dieu lui fasse miséricorde, s’étonnait dans son livre Jawlât fi Al-Fiqhayn Al-Kabîr wa Al-Akbar d’une minorité immodérée qui veut divorcer avec le patrimoine islamique et la voie de Ahl As-Sunnah sur divers plans : «Ils veulent que nous abandonnions les écoles du groupe sauvé en matière de croyance, de jurisprudence et de Tasawwuf conforme aux sources. Mais pour adhérer à quoi et pourquoi ? Les musulmans eurent, à travers les siècles, leurs Imâms en matière de credo, leurs Imâms en jurisprudence, et leurs Imâms en Tasawwuf et en cheminement vers Dieu – Exalté soit-Il. Leurs Imâms en credo sont tels Abû Al-Hasan Al-Ash`arî et Abû Mansûr Al-Mâturîdî, leurs Imâms en jurisprudence sont nombreux, citons parmi eux Abû Hanîfah, Ash-Shâfi`î, Mâlik, Ahmad Ibn Hambal, l’Imâm Zayd et l’Imâm Ja`far As-Sâdiq, et leurs Imâms en Tasawwuf sont tels Al-Junayd.» (p.14 du livre)  
 
2) Les méthodologies agréées par les Imâms Ash`arîs 
 
Cette section présentera les méthodologies agréées par des Imâms de Ahl As-Sunnah références au sein de l’école ash`arie au sujet de certains versets et hadîths parfois appelés « versets et hadîths des Attributs ». Je m’appuierai sur leurs propos et ainsi que l’épître du credo de Sheikh Hasan Al-Bannâ. 
 
Celui qui lit les propos de Sheikh Al-Bannâ, notamment son épître du Credo, voit que Dieu lui accorda un esprit sain et clairvoyant, une foi apaisée, une connaissance du credo juste et des divergences (tolérables ou non). On appréciera sa propension à minimiser les polémiques lorsque la divergence est tolérable et tolérée au sein de Ahl As-Sunnah. Sheikh Muhammad Al-Ghazâlî disait de lui : «Celui qui me marqua le plus, c'est le martyr, l'Imâm Hasan Al-Bannâ. Il fut un savant en religion - au plus haut niveau qui puisse exister en matière de `Aqîdah (credo) et de Sharî`ah  
 
 
a) Introduction 
 
Sheikh Al-Bannâ écrivit dans l’épître du Credo : «Il y a dans le Noble Coran des versets, et dans la Sunnah purifiée, des hadîths dont l’apparence donne l’illusion d’une ressemblance du Vrai – Exalté soit-Il – avec Ses créatures dans certains de leurs attributs. Nous citerons quelques-uns à titre d’exemple, puis exposerons les différentes opinions à ce sujet. Nous demandons à Dieu de nous accorder le succès dans l’indication de la vérité à ce sujet qui fit l’objet de longues discussions et polémiques jusqu’à notre époque, et nous L’implorons de nous écarter du faux-pas et de nous inspirer l’opinion correcte. C’est sur Lui que nous comptons.» 
 
Puis, Sheikh Hasan Al-Bannâ énuméra quelques exemples de versets et hadîths des Attributs. Nous en citons certains :  
 
Exemples de versets des Attributs : 
 
« Tout ce qui est sur elle [1] doit disparaître, subsistera La Face (Wajh) [2] de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse. » 
 
koullou man ^alayha fanin  
 
wayabqa wajhou rabbika dhou aljalali waal-ikrami  
 
 
(Sourat 55 Ar-Rahman, versets 26-27) 
 
[1] et [2] sont deux notes dans l’épître de Sheikh Al-Bannâ :  
 
[1] tout ce qui est sur elle, c’est-à-dire sur la terre. 
 
[2] subsistera la Face (Wajh) de ton Seigneur, c’est-à-dire Son Être (dhâtuhu). Az-Zamakhsharî dit : On utilise le mot Wajh pour désigner l’ensemble ou l’être. Les misérables de la Mecque disent dans ce sens : Y a-t-il une noble face arabe pour me sauver de l’humiliation. 
 
«Et Nous t'avons déjà favorisé une première fois * lorsque Nous révélâmes à ta mère ce qui fut révélé: * "Mets-le dans le coffret, puis jette celui-ci dans les flots pour qu'ensuite le fleuve le lance sur la rive; un ennemi à Moi et à lui le prendra". Et J'ai répandu sur toi une affection de Ma part, afin que tu sois élevé sous Mon Œil [1]. »  
 
Note [1] dans l’épître du credo de Sheikh Hasan Al-Bannâ : afin que tu sois élevé sous Mon Œil, c’est-à-dire sous Mes soins (ri`âyah) et Ma protection pour toi. 
 
Puis Sheikh Al-Bannâ cita des hadîths des Attributs dans le même esprit que les versets précédents. 
 
 
b) Les deux méthodologies refusées 
 
Après avoir cité des hadiths et des versets des Attributs, Al-Bannâ déclina les opinions et les méthodologies à leurs sujets. Il commença par les deux méthodologies que Ahl As-Sunnah refusent, réfutent et rejettent, à savoir la méthodologie des mushabbihah (anthropomorphistes) et celle des mu`attilah (annulateurs).  
 
Les anthropomorphistes ont attribué à Dieu des qualités de Ses créatures et ont affirmé que le mot Wajh (Face) lorsqu’il est employé au sujet de Dieu est à prendre au sens littéral/apparent et signifie ainsi une face comme la face humaine, et ils déclinèrent ainsi le reste des versets et hadîths des Attributs. L’Islam est innocent de leur méthodologie infondée. Tout être humain sain de cœur et d’esprit ne peut accepter leur méthodologie. 
 
Les mu`attilah, ou jahmiyyah, ont versé dans une autre position extrême, en annulant des Attributs de Dieu – pour eux, Dieu ne voit pas, n’entend pas, ne parle pas – sous prétexte que les Attributs en question nécessitent des organes du corps, chose que l’on ne peut attribuer à Dieu - Exalté Soit-Il. Cette méthodologie est également infondée et l’hypothèse sur laquelle s’appuie les mu`attilah n’est qu’illusion comme le souligne Sheikh Al-Bannâ. 
 
Il dit après avoir cité ces deux méthodologies déviantes : «Ces deux opinions sont fausses et ne méritent aucune considération. Il nous reste deux méthodologies, considérées par les savants en matière de credo.» 
 
 
c) La méthodologie des pieux prédécesseurs (le Salaf) 
 
La méthodologie des pieux prédécesseurs, comme le souligne Sheikh Al-Bannâ, consiste à croire en ces versets et hadîths tels qu’ils ont été rapportés et à s’en remettre à Dieu quant à l’exposition de leur sens. Ainsi attribuent-ils à Dieu Al-Yad (La Main), l’œil (Al-`Ayn), etc… avec des sens que nous ne cernons pas, en se remettant à Dieu quant à la connaissance de leur sens.  
 
C’est à cette méthodologie que Sheikh Al-Bannâ donne sa préférence.  
 
 
d) La méthodologie de vertueux savants du Khalaf 
 
Sheikh Hasan Al-Bannâ dit en abordant la méthodologie des savants du Khalaf, savants des générations qui ont suivi celles des pieux prédécesseurs :  
 
«Je t’ai montré que le Salaf, que Dieu les agrée, croient en les versets et les hadîths des Attributs tels qu’ils ont été rapportés et ils laissent l’exposition de leur sens à Dieu - Exalté soit-Il – tout en croyant que Dieu - Exalté et Glorifié soit-Il - est exempt de toute ressemblance avec Ses créatures. 
 
Quant au Khalaf, ils dirent : nous affirmons avec certitude que le sens des mots de ces versets et hadîths n’est guère le sens littéral ; ce sont donc des métaphores dont rien n’interdit l’interprétation. Ils interprétèrent alors le Wajh (« Face ») comme étant l’Être, Al-Yad (« La Main »), comme étant l’Omnipotence, etc., pour éviter tout soupçon d’anthropomorphisme. Voici quelques exemples de leurs dires. 
 
Abû Faraj Ibn Al-Jawzî le hambalite dit sans son livre « Daf` Shubhat At-Tashbîh » : Dieu - Exalté soit-Il - dit : «Subsistera la Face (Wajh) de ton Seigneur » ; les exégètes dirent : Ton Seigneur subsistera. De même pour «Ils veulent Sa Face» : ils Le veulent. Ad-Dahhâk et Abû `Ubaydah dirent au sujet de «Toute chose périra sauf Sa Face » : sauf Lui.  
 
Il inclut au début de son livre susmentionné un chapitre pour répondre à ceux qui prétendent que croire au sens apparent/littéral de ces versets et hadîths serait la méthodologie du Salaf. La synthèse de ce qu’il dit c’est que croire au sens littéral c’est l’anthropomorphisme (tajsîm et tashbîh), car le sens apparent ou littéral, c’est ce pour quoi le mot est ***çu, ainsi le seul sens du mot « main » c’est en vérité l’organe, et ainsi de suite. Quant à la méthodologie du Salaf, elle ne consiste point à considérer le sens littéral ou apparent, mais plutôt de s’abstenir de chercher le sens. Par ailleurs, il affirma que qualifier ces versets et hadîths de « versets et hadîths des Attributs » est une appellation innovée, non mentionnée dans le Livre de Dieu, ni dans la Sunnah, et que cette appellation est un ajout, sans plus, et il cita de nombreux arguments que nous ne pouvons citer ici. » 
 
Sheikh Al-Bannâ cita également d’autres Imâms comme Fakhr Ad-Dîn Ar-Râzî et Al-Ghazâlî sur la réfutation du sens littéral/apparent dans certains contextes et de la nécessité de recourir à l’interprétation de certains mots qui relèvent de la métaphore. 
 
 
e) Les deux méthodologies agréées par les savants ash`arîs 
 
Ces deux méthodologies, celle du Salaf et celle du Khalaf, qui sont prises en compte par une large partie des savants spécialisés en matière de credo constituent l’essence même de la position des savants ash`arîs - majorité de Ahl As-Sunnah - qui ont agréé ces deux approches. Il serait ardu de faire l’inventaire de leurs paroles, que Dieu les agrée, mais le lecteur pourra se référer aux propos de l’Imâm An-Nawawî, savant ash`arî parmi les plus illustres, lorsqu’il aborda les hadîths dits des Attributs dans son commentaire de Sahîh Muslim ; il rappela qu’il existe à ce sujet deux méthodologies, celle de la majorité, voire de tous les pieux prédécesseurs, et l’autre méthodologie qui est celle de la plupart des théologiens, à savoir la méthodologie du Khalaf.  
 
Il dit de la méthodologie des pieux prédécesseurs : Elle consiste à ne pas aborder le sens. Ils disent plutôt : «Nous devons y croire et nous devons croire en un sens digne de la Noblesse et de la Majesté de Dieu, en croyant fermement que rien et nul n’est comme Dieu - Exalté soit-Il - et en excluant au sujet de Dieu le fait de prendre une forme corporelle, de se déplacer, d’être dans une direction, ou d’avoir quelque attribut similaire à celui des créatures. Cette méthodologie est aussi la méthodologie de certains théologiens ; c’est la méthodologie retenue par certains de leurs érudits, et c’est l’opinion la plus prudente. »  
 
Il dit de la méthodologie du Khalaf : «C’est la méthodologie de la plupart des théologiens. Ces hadîths sont interprétés d’une façon digne, selon leur contexte. Pourront les interpréter ceux qui ont la compétence pour cela, à savoir un savant qui a une solide connaissance de la langue arabe, ainsi que des règles des fondements et celles des branches dérivées, expérimenté en matière de science.»  
 
Voir le commentaire de Sahîh Muslim (Kitâb Al-Îmân), par Sheikh Al-Islâm An-Nawawî. 
 
Cette acceptation des deux méthodologies, celle du Salaf et celle du Khalaf, se reflète aussi dans la loi générale énoncée par l’Imâm Ar-Râzî à ce sujet, dans son livre Asâs At-Taqdîs, selon laquelle : « si nous admettons l’interprétation, nous nous dépensons à titre indicatif à la mention détaillée de ces interprétations. Mais si nous n’admettons pas l’interprétation, nous nous en remettons à Allâh – Exalté soit-Il - quant à leur signification. Telle est la règle générale à laquelle on a recours au sujet des équivoques (mutashâbihât) et tout succès provient d’Allâh. » 
 
On pourrait enfin citer ce vers de Jawharat At-Tawhîd, célèbre poème en matière de credo qui a fait l’objet de divers commentaires d’érudits, où l’Imâm Burhân Ad-Dîn Ibrâhîm Al-Lalqânî (décédé en 1041 A.H.) dit :  
 
Et chaque énoncé qui donne l’illusion du tashbîh [1] *** interprète-le [2] ou remets-toi à Dieu [3], et observe le tanzîh [4] 
 
[1] tashbîh : l’anthropomorphisme, le fait de donner à Dieu un Attribut similaire à celui de Ses créatures. 
[2] interprète-le : c’est la deuxième méthologie – celle du Khalaf - agréée par les Imâms ash`arîs de Ahl As-Sunnah wa Al-Jamâ`ah. 
[3] ou remets-toi à Dieu : c’est la méthodologie du Salaf, cf. voir les propos de l’Imâm An-Nawawî, Ibn Al-Jawzî, et Hasan Al-Bannâ que nous avons cités plus haut. 
[4] le tanzîh c’est le fait d’attribuer à Dieu ce qui est digne de Lui et de nier toute ressemblance entre Dieu et Ses créatures ; nul et rien n’est comme Lui – Exalté soit-Il.  
 
Les deux méthodologies s’accordent sur le tanzîh, et tout musulman sain d’esprit observe le tanzîh.  
 
 
 
3) Limiter la polémique 
 
a) Entre le Khalaf et le Salaf 
 
Nous avons expliqué que les savants ash`arîs représentant la majorité des savants de Ahl As-Sunnah agréent les deux méthodologies, qui ont toutes deux un fondement solide dans la religion : l’école du Salaf et l’école du Khalaf. Il y a dans cette position une ligne sage et modérée qui permet d’éviter la polémique ou du moins de la limiter. Dans ce respect des deux méthodologies argumentées et basées sur des fondements solides, ils n’empêchent personne de pencher plutôt vers l’une ou l’autre des deux méthodologies, dans le respect de la cohabitation des deux méthodologies selon la majorité des savants de Ahl As-Sunnah.  
 
Première démarche : Il appartient donc à qui le veut de faire le choix personnel de suivre l’école du Salaf (croire en les hadîths et les versets dits des Attributs, en reniant le sens littéral établissant une ressemblance entre Dieu et Ses créatures, en croyant en un sens digne de Dieu, en s’abstenant d’élaborer sur le sens que Dieu sait mieux), tout en respectant l’effort d’ijtihâd d’illustres savants de la communauté, doués d’une excellente connaissance de la langue arabe et des fondements et branches de la religion, qui ont affirmé ce que Dieu et le Prophète ont affirmé, et qui ont interprété ces versets et hadîths selon un sens qui en est digne, conformément à des principes fondamentaux du credo et à des usages de la langue arabe, connus dans la littérature arabe ancienne et contemporaine et dans la poésie arabe, et en prenant modèle sur certaines interprétations rapportées de gens du Salaf. 
 
Cette démarche ne cause aucun problème pour l’école ash`arîe, bien au contraire, car les deux méthodologies co-habitent harmonieusement pour la majorité de Ahl As-Sunnah. 
 
Deuxième démarche : Prendre connaissance des deux méthodologies, ne pas donner de préférence à l’une des deux, et face à un verset ou un hadîth dit des Attributs, se contenter de rappeler qu’une large frange de savants de Ahl As-Sunnah ont présenté deux écoles, celle du Salaf et celle du Khalaf, et présenter leurs dires. 
 
Cette démarche ne cause aucun problème pour les savants ash`arîs ou les gens de Ahl As-Sunnah qui se situent dans leur sillon. 
 
Dans de nombreux passages de son commentaire de Sahîh Muslim, l’Imâm An-Nawawî adopte cette démarche et expose les deux méthodologies. 
 
Troisième démarche : Vouloir imposer l’une des deux méthodologies et dénigrer ceux qui n’adhèrent pas à cette démarche.  
 
Deux polémiques se profilent alors dans une telle démarche, que j’estime inacceptable. 
 
- A noter que personne ne reproche à qui que ce soit de suivre la méthodologie du Salaf… Là où il y a polémique, c’est lorsque l’on attribue au Salaf ce dont ils sont innocents ou que l’on défigure leur méthodologie.  
 
- Deuxième catégorie de polémiques : dans l’autre sens. Avec ceux qui, devant l’ijtihâd solide et fondé d’un large nombre de savants de Ahl As-Sunnah ash`arîs parmi les plus illustres, renient à ces savants le droit à l’ijtihâd cristallisé dans leur recours à l’interprétation et les classent gracieusement, ainsi que ceux qui les suivent, dans les sectes de l’Enfer et autres sectes égarées et déviantes. Ceux-là mettent en Enfer, sans scrupule, la majorité de la communauté musulmane. 
 
A cette minorité immodérée, et avide d’interminables querelles et polémiques, Sheikh Hasan Al-Bannâ, que Dieu lui fasse miséricorde, essaya de faire passer un message de tolérance qui conduit, en somme, à la cohabitation des deux méthodologies d’une façon tolérante et sage comme c’est le cas au sein de l’école ash`arîe qui compte la majorité de Ahl As-Sunnah comme le souligne Sheikh Al-Qaradâwî et les autres Sheikhs cités dans la section 1. 
 
D’abord, les deux méthodologies s’accordent sur le tanzîh et rejettent le ta`tîl, tout comme elles rejettent le sens littéral chers aux gens du tashbîh. La première méthodologie consiste à s’abstenir d’élaborer sur le sens, de s’en remettre à Dieu, tout en croyant fermement – comme le souligne An-Nawawî - que rien et nul n’est comme Dieu Exalté soit-Il, et qu’il est exempt de prendre une forme corporelle, de se déplacer, d’être dans une direction, ou d’avoir quelque attribut similaire à celui des créatures. La deuxième méthodologie outre son tanzîh, son refus du ta`tîl et du tashbîh, fit un ijtihâd louable qui se traduisit chez des savants compétents par une interprétation, conforme à des principes du credo et des usages dans la langue des arabes. A cela s’ajoute que l’interprétation a également des antécédents chez les pieux prédécesseurs, et nous reviendrons sur ce point plus loin dans ce paragraphe en citant Al-Bannâ, mais aussi dans le paragraphe 3) b). 
 
Sheikh Hasan Al-Bannâ dit en essayant de limiter la passion qui caractérise ces débats et d’inviter à la tolérance (présente chez la majorité de Ahl As-Sunnah, les ash`arîs) ceux qui animent vainement ces polémiques :  
 
«Tu as su que la méthodologie du Salaf quant aux versets et hadîths relatifs aux Attributs de Dieu consiste à les faire passer comme ils sont, à s’abstenir de les expliquer ou de les interpréter. Tu as appris aussi que la méthodologie du Khalaf consiste à les interpréter de façon digne, excluant toute ressemblance entre Dieu - Exalté Soit-Il - et Ses créatures. Tu as su également que la polémique était très forte entre les deux partis, au point qu’ils échangèrent des insultes de façon sectaire.  
 
Leurs approches pourraient être synthétisées comme suit :  
 
Premièrement: Les deux groupes s’accordent sur le tanzîh qui exclut toute ressemblance entre Dieu - Exalté soit-Il - et Ses créatures. 
 
Deuxièmement: Chacun des deux groupes affirme de façon tranchante que le sens de ces termes employés au sujet de Dieu – Exalté et Glorifié soit-Il – n’est point le sens littéral qui est le sens pour lequel ces termes sont usités au sujet des humains. Et cela découle de leur accord sur le rejet du tashbîh (assimiler un Attribut de Dieu à celui de créatures). 
 
Troisièmement: Les deux groupes sont conscients du fait que les mots sont ***çus pour exprimer ce qui traverse l’esprit ou pour renvoyer à des choses matérielles dans l’usage commun ou dans la bouche des fondateurs de la langue, et que les langues, aussi vastes soient-elles ne peuvent cerner ce qui échappe au savoir de leurs usagers. Et les vérités concernant l’Être de Dieu - Exalté soit-Il - sont de ce type ; la langue ne peut nous fournir des mots qui expriment ces vérités. Aussi, insister pour établir le sens de ces mots est-il peine perdue. 
 
Lorsque nous comprenons cela, nous voyons que le Salaf et le Khalaf sont d’accord sur le principe de l’interprétation, et la divergence entre eux se réduit au fait que les gens du Khalaf ont précisé le sens, mus par la nécessité du tanzîh pour préserver le credo du commun des mortels de tomber dans le tashbîh. C’est là une divergence qui ne mérite ni tintamarre ni entêtement sectaire. 
 
Et nous croyons que la position du Salaf, qui consiste à observer le silence et de s’en remettre à Dieu quant au sens de ces termes, est plus prudent et devrait être suivie pour réduire le champ de l’interprétation et de l’annulation des Attributs de Dieu. Si tu es de ceux que Dieu a rendus heureux en leur accordant une foi paisible et en apaisant leur poitrine par la douceur de la certitude, ne délaisse pas cela au profit d’autre chose. Nous croyons, en outre, que les interprétations du Khalaf ne justifient point qu’ils soient déclarés mécréants ou pervers et ne méritent guère cette longue polémique entre eux et d’autres personnes, dans l’ère contemporaine ou dans les siècles passés, car l’Islam est plus large et tolérant que cela. 
 
Même les gens les plus attachés à l’opinion du Salaf, que Dieu les agrée, durent recourir à l’interprétation à plusieurs endroits. L’Imâm Ahmad Ibn Hambal interpréta par exemple le hadîth «La pierre noire est la Main Droite de Dieu sur terre », ainsi que sa parole «Le cœur du musulman est entre deux des Doigts du Tout-Miséricordieux», et sa parole «Je sens le Souffle du Très-Miséricordieux venir du côté du Yémen.» 
 
Je lus des propos de l’Imâm An-Nawawî, que Dieu l’agrée, qui réduisent la divergence entre les deux positions de manière à ne pas laisser de place à la polémique et la querelle, d’autant plus que les savants du Khalaf s’imposèrent comme condition de l’interprétation sa conformité à la raison saine et à la sharî`ah, de telle sorte qu’elle ne se heurte pas à quelque fondement de la religion. […] 
 
La synthèse de cette étude c’est que le Salaf et le Khalaf s’accordent sur le fait que le sens est autre que le sens littéral connu des gens. C’est là une interprétation globale (ta’wîl fi’l-jumlah). Ils s’accordent en outre sur le fait que toute interprétation qui entre en conflit avec la sharî`ah est interdite. La divergence fut limitée donc à interpréter ces mots conformément à la sharî`ah. C’est là une légère divergence comme tu peux le constater, et une chose à laquelle ont recouru des gens parmi les pieux prédécesseurs (Salaf) eux-mêmes. La chose la plus importante qui doit mobiliser l’énergie des musulmans aujourd’hui, c’est l’unification des rangs de la communauté, et de parler d’une même voix autant que possible.»  
 
Cette tolérance à laquelle appelle Sheikh Hasan Al-Bannâ pour faire cohabiter les deux méthodologies est alhamdulillâh présente chez les savants ash`arîs et mâturîdîs et les gens qui ont appris l’islam conformément à leur compréhension, à savoir la majorité de Ahl As-Sunnah. 
 
Si une minorité fait un choix sectaire, elle n’a pas à l’imposer à l’ensemble de la communauté. Et il serait regrettable de définir la ligne du site en fonction d’un sectarisme minoritaire. 
 
b) Des éléments d’interprétation chez Ibn Kathîr et des gens du Salaf 
 
Outre les grands classiques ash`arîs parmi les savants de Ahl As-Sunnah qui recoururent ou tolérèrent l’interprétation, nous trouvons des éléments d’interprétation chez des savants comme Ibn Kathîr. Quelques citations, non exhaustives, de son exégèse rentrent dans ce cadre. 

1) l’interprétation du mot « Yad » (« Main ») : 
 
- «Dis : En vérité, la grâce est en la « Main » de Dieu»   
 
wala tou/minou illa liman tabi^a dinakoum qoul inna alhouda houda allahi an you/ta ahadoun mithla ma outitoum aw youhajjoukoum ^inda rabbikoum qoul inna alfadla biyadi allahi you/tihi man yachaou waallahou wasi^oun ^alimoun   
  
[Sourat 3 Al Imran - verset 73]   
 
Ibn Kathîr l’interpréta en disant « C’est-à-dire toute chose est sujette à Sa Gestion, c’est Lui qui donne et c’est lui qui retient.»   
 

 
 
- «Ceux qui te prêtent serment d'allégeance ne font que prêter serment à Allah: la Main d'Allah est au-dessus de leurs mains. Quiconque viole le serment ne le viole qu'à son propre détriment; et quiconque remplit son engagement envers Allah, Il lui apportera bientôt une énorme récompense  
 
inna alladhina youbayi^ounaka innama youbayi^ouna allaha yadou allahi fawqa aydihim faman nakatha fa-innama yankouthou ^ala nafsihi waman awfa bima ^ahada ^alayhou allaha fasayou/tihi ajran ^adhiman   
  
[Sourat 48 Al Fath - verset 10]  
 
Ibn Kathîr dit « la Main de Dieu est au-dessus de leurs mains » c’est-à-dire qu’Il est présent avec eux, Il entend leurs paroles, Il voit où ils sont, et connaît leur for intérieur et leur apparence.   
 
 
 
- Le verset « wa’s-samâ’ banaynâhâ bi’aydin… » « Et nous avons créé le ciel par des Mains (bi’aydin) »,   
 
  
(Sourat 51 Ad Dariyat - verset 47)  
 
Ibn Kathîr dit : «bi’aydin signifie avec force, c’est l’opinion d’Ibn `Abbâs, Mujâhid, Qatâdah, Ath-Thawrî et d’autres.»  
 
 Lien internet   
 
 
- « … Au contraire, Ses deux mains sont largement ouvertes: Il distribue Ses dons comme Il veut…. »   
 
waqalati alyahoudou yadou allahi maghloulatoun ghoullat aydihim walou^inou bima qalou bal yadahou mabsoutatani younfiqou kayfa yachaou walayazidanna kathiran minhoum ma ounzila ilayka min rabbika toughyanan wakoufran wa-alqayna baynahoumou al^adawata waalbaghda-a ila yawmi alqiyamati koullama awqadou naran lilharbi atfa-aha allahou wayas^awna fi al-ardi fasadan waallahou la youhibbou almoufsidina   
  
[Sourat 5 Al Maidah - verset 64]   
 
Ibn Kathîr dit : «Au contraire, Ses deux mains sont largement ouvertes: Il distribue Ses dons comme Il veut signifie que c’est Lui accorde avec bienfaisance et donne généreusement… »   
 
 
 
2) Interprétation du mot Wajh (« Face ») :  
 
- « …Tout doit périr, sauf Sa Face… »   
wala tad^ou ma^a allahi ilahan akhara la ilaha illa houwa koullou chay-in halikoun illa wajhahou lahou alhoukmou wa-ilayhi tourja^ouna
  
 
 
 
[Sourat 28 Al Qasas - verset 88]   
 
Ibn Kathîr dit : «Tout doit périr, sauf Sa Face, c’est-à-dire sauf Lui… »   
 
 
 
3) Interprétation du mot `Ayn (Œil) :   
 
- «voguant sous Nos Yeux: récompense pour celui qu'on avait renié  
 
tajri bi-a^younina jaza-an liman kana koufira   
  
 
[Sourat 54 Al Qamar - verset 14].   
 
Ibn Kathîr dit : «voguant sous Nos Yeux, c’est-à-dire par Notre Ordre ; Nous la voyons et elle vogue sous notre protection.»   
 
 
Nous en resterons à ces quelques exemples manifestes, sachant qu’une liste exhaustive des passages de Tafsîr Ibn Kathîr et d’autres passages de la littérature islamique produirait un document colossal qui dépasse le cadre de ce court exposé.   
 
 
4) Synthèse                                               
 
- Les savants ash`arîs et mâturîdis représentent la majorité des savants de Ahl As-Sunnah. Ils ont défendu et propagé la voie de Ahl As-Sunnah. Leur école est dominante dans le monde islamique et elle est présente dans un grand nombre d’instituts et universités islamiques comme Al-Azhar, Deoband, et ailleurs.  
 
- Pour ce qui est des hadîths et des versets dits des Attributs, l’école ash`arie agrée deux méthodologies : celle du Salaf et celle du Khalaf.  
 
- La méthodologie du Salaf : Elle consiste à ne pas aborder le sens. Ils disent plutôt : «Nous devons y croire et nous devons croire en un sens digne de la Noblesse et de la Majesté de Dieu, en croyant fermement que rien et nul n’est comme Dieu Exalté soit-Il, et en excluant au sujet de Dieu le fait de prendre une forme corporelle, de se déplacer, d’être dans une direction, ou d’avoir quelque attribut similaire à celui des créatures.  
 
- La méthodologie du Khalaf : Elle consiste à refuser l’annulation des Attributs de Dieu et l’assimilation d’un Attribut de Dieu à un attribut d’une créature, et à recourir à une interprétation conforme aux principes du credo et de la sharî`ah, en harmonie avec la raison saine, et conforme à des usages dans la langue arabe.  
 
- Comme le rappelle Sheikh Hasan Al-Bannâ : «le Salaf et le Khalaf s’accordent sur le fait que le sens est autre que le sens littéral connu des gens. C’est là une interprétation globale (ta’wîl fi’l-jumlah). Ils s’accordent en outre sur le fait que toute interprétation qui heurte la sharî`ah est interdite. La divergence fut limitée donc à interpréter ces mots conformément à la sharî`ah. C’est là une légère divergence comme tu peux le constater, et une chose à laquelle ont recouru des gens parmi les pieux prédécesseurs (Salaf) eux-mêmes. La chose la plus importante qui doit mobiliser l’énergie des musulmans aujourd’hui, c’est l’unification des rangs de la communauté, et de parler d’une même voix autant que possible.»   
 
- C’est cette tolérance qui caractérise l’école ash`arie, dominante au sein de Ahl As-Sunnah, et cette unification et modération, auxquelles appellent Sheikh Al-Bannâ, qui devrait dicter la ligne d’un site de Ahl As-Sunnah, dans le respect de la voie du Salaf et de l’ijtihâd d’érudits et des Imâms du Khalaf, quand bien même on pencherait vers la méthodologie du Salaf.  
 
- Accessoirement, je précise que face aux deux méthodologies agréées par les savants ash`arîs, luminaires de Ahl As-Sunnah dans diverses disciplines islamiques, j’ai une préférence pour la méthodologie du Salaf, tout en respectant l’ijtihâd d’illustres Imâms qui ont recouru, par moments, à des interprétations. Et il m’honore d’être dans le sillon des savants ash`arîs, que ce soit An-Nawawî, As-Suyûtî, Al-Qurtubî, Al-`Izz Ibn Abd As-Salâm, ou leurs semblables.  
 
- Céder à une position minoritaire et extrême qui souhaite divorcer avec le patrimoine et la voie de Ahl As-Sunnah ne devrait pas voir le jour sur islamie. Ceux qui aujourd’hui veulent divorcer avec la majorité des savants de la communauté et les érudits qui ont porté l’étendard de la voie de Ahl As-Sunnah sont libres de leur choix, mais ils ne peuvent l’imposer à un site qui se situe dans la lignée de Ahl As-Sunnah. Et si islamie.com, sous quelque pression, faisait le choix de divorcer avec la majorité des savants sunnites, prière d’annoncer ce choix clairement, ainsi chacun saura à quoi s’en tenir.  
 
- Il serait vraiment appréciable que la position officielle du site soit annoncée en des termes explicites, à court terme   
 
– la polémique quant à elle pourrait se prolonger encore pendant des siècles.  
 
Puisse Dieu rendre ce travail utile aux musulmans et sincère pour Lui, et puisse-t-Il me préserver de la polémique, et qu'Il nous guide vers ce qu'Il aime et agrée.   

http://oussoul.xooit.fr/t272-Al-Asha-ira-sont-les-references-de-Ahl-As-Sunna-wal-Jama-a.htm

Rédigé par Oussoul

Publié dans #Aqida Tawhid - Foi Unicité

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