L'amour et l'ardeur dans la prêche à l'Islam

Publié le 13 Juin 2009

bismilah  
 
salam  
 
L'amour et l'ardeur de la prêche à l'Islam 
 
 
 
1.1 Le Prophète désire ardemment que tous les gens aient la foi 
 
Ibn Âabbès commenta ce verset: (Il y aura des damnés et des heureux) (11/105) et les versets de ce genre en disant: «Le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, tenait beaucoup à ce que tous les gens croient et prêtent serment (bayâa) de suivre l'enseignement divin. Mais Allah l'informa que seul croira celui auquel Allah a destiné le bonheur depuis le début des temps, alors que celui auquel Allah a destiné le malheur depuis le début des temps s'égarera. Puis Allah consola son Prophète: (Il se peut que tu te consumes de chagrin parce qu'ils ne sont pas croyants! Si nous voulions, nous ferions descendre du ciel sur eux un prodige (miracle), devant lequel leurs nuques resteront courbées) (26/3-5)». 
 
 
1.2 Le Prophète prêche sa tribu à la mort d'Abou Talib 
 
Ibn Âabbès rapporte: quand Abou Talib tomba malade (de sa maladie qui entraîna sa mort T), un groupe de qouraychites, dont Abou Jahl, entra chez lui. Ils dirent: «Ton neveu insulte nos idoles, il fait ceci et cela, il dit ceci et cela. Il vaut mieux que tu le fasses appeler et que tu l'en défendes». Il lui envoya quelqu'un et le Prophète, prière et paix sur lui, vint et entra. Il y avait une place entre les mécréants et Abou Talib; Abou Jahl, le maudit, craignant qu'Abou Talib soit attendri si le Prophète s'asseyait à son côté, bondit et occupa la place. Le Prophète, prière et paix sur lui, ne pouvant s'asseoir près de son oncle, s'assit à côté de la porte. 
 
Abou Talib lui demanda: «Mon neveu! Comment se fait-il que ta tribu se plaint de toi et prétend que tu insultes leurs idoles, que tu dis ceci et cela? » Et tous se mirent à le blâmer. Le Prophète, prière et paix sur lui, prit la parole et déclara: «Mon oncle! Je leur demande seulement de dire une parole; grâce à elle, les arabes les suivront et les non arabes leur payeront l'impôt». Ils furent effarés et s'exclamèrent: «Une seule parole!! Bien sûr, par ton père, même dix». Ils demandè- rent: «Et laquelle? » Abou Talib demanda: «Quelle est cette parole mon neveu? » Le Prophète répondit: «Il n'y a de dieu qu'Allah». Ils se levèrent effarés en secouant (la poussière de T) leurs habits et en disant: «A-t-il rendu les idoles un seul dieu, mais c'est inimaginable!» 
 
Allah révéla alors cette parole dans le Coran: (Réduira-t-il les divinités à un seul dieu, voilà une chose vraiment étonnante! Et leurs notables partirent en disant: «Allez-vous en et restez constants (soyez patients) à vos dieux, c'est un coup monté. Nous n'avons pas entendu (parler de) cela dans la dernière religion, ce n'est en vérité que pure invention. Quoi ? ! C'est sur lui parmi nous qu'on aurait fait descendre le rappel (Coran)!» Plutôt ils sont dans le doute au sujet de mon message. Ou plutôt ils n'ont pas encore goûté à mon châtiment) (38/5-8). 
 
 
1.3 Le Prophète propose la parole de la foi à Abou Talib avant sa mort 
 
Ibn Âabbès, qu'Allah les agrée, rapporte: les notables de la tribu se rendirent chez Abou Talib et lui parlèrent. Parmi eux étaient: Ôotba Ibn Rabiâa, Chèyba Ibn Rabiâa, Abou Jahl Ibn Hichèm, Oumeya Ibn Khalèf, Abou Sofiène Ibn Harb, ainsi que d'autres notables. Ils dirent: «Abou Talib! Tu connais la position que tu as parmi nous (le chef du clan des Bènou Hèchim T). Tu vois maintenant ce qui t'arrive (tu es sur ton lit de mort T), et nous sommes inquiets pour toi (que tu meures T). Tu sais bien ce qui se passe entre nous et ton neveu. Appelle-le donc et prends de lui un engagement envers nous et prends de nous un engagement envers lui. Qu'il arrête de nous déranger et qu'on arrête de le déranger; qu'on le laisse avec sa religion et qu'il nous laisse avec notre religion».  
 
Abou Talib envoya l'appeler. Le Prophète vint et Abou Talib lui dit: «Mon neveu! Voici les notables de ta tribu. Ils se sont réunis pour toi, pour te faire des concessions et que tu leur en fasses. 
- D'accord, déclara le Prophète, prière et paix sur lui. Donnez une seule parole, vous régnerez sur les arabes, et les non-arabes vous payeront l'impôt! 
- D'accord! approuva Abou Jahl. Par ton père, même dix paroles! 
- Dites: il n'y a de dieu qu'Allah, et rejetez ce que vous adorez d'autre». Ils frappèrent dans leurs mains et s'exclamèrent: «Mouhammed! Tu veux rendre les dieux un seul? Tu es vraiment étonnant! » Puis il se dirent: «Par Allah! Cet homme ne vous accordera rien de ce que vous voulez. Partez et persévérez sur la religion de vos pères jusqu'à ce qu'Allah tranche entre vous et lui», et ils se dispersèrent. Abou Talib lui confia alors: «Par Allah! mon neveu! Je ne pense pas que tu leur as trop demandé».  
 
Le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, prit espoir en son oncle et se mit à le supplier: «Mon oncle! Alors toi, dis-la! Et je pourrais intercéder en ta faveur le jour dernier». En voyant le désir ardent du Messager d'Allah, Abou Talib déclara: «Mon neveu! Si ce n'était la crainte de la honte pour toi et ta famille après moi, et que les qouraychites croient que je l'ai seulement dite par crainte de la mort, je l'aurais dite, et je ne la dirais que pour te faire plaisir» - la fin du récit est la même. 
 
Almousayib rapporte: quand Abou Talib allait mourir, le Prophète, prière et paix sur lui, entra chez lui alors qu'Abou Jahl était déjà présent. Le Prophète le supplia: «Mon oncle! Dis: il n'y a de dieu qu'Allah! Avec cette parole, je te défendrai devant Allah». Abou Jahl et Abdallah Ibn Oumeya s'empressèrent de dire: «Abou Talib! Laisserais-tu la religion de Abdelmottalib (son père T)? » Ils ne cessèrent d'insister jusqu'à ce que sa dernière parole fut: «Avec la religion de Abdelmottalib». Le Prophète déclara: «J'implorerai ton pardon tant qu'Allah ne me l'interdira pas». Mais le verset descendit: (Il n'appartient pas au Prophète et aux croyants d'implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils des parents, alors qu'il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l'Enfer) (8/113), et le verset: (Tu ne guides pas celui que tu aimes) (28/56). Dans une autre version, le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, ne cessait de la lui proposer et ils ne cessaient de lui répéter leur propos jusqu'à ce qu'il dit en dernier lieu: «Avec la religion de Abdelmottalib» et il refusa de dire «Il n'y a de dieu qu'Allah». Le Prophète dit alors: «J'implorerai ton pardon tant qu'Allah ne me l'interdira pas». Puis Allah révéla les deux versets. 
 
Abou Hourayra, qu'Allah l'agrée, rapporte: quand Abou Talib allait mourir, le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, se rendit auprès de lui et dit: «Mon oncle, dis: il n'y a de dieu qu'Allah, j'en témoignerai pour toi le jour dernier». Il répondit: «Si ce n'étaient les railleries des qouraychites qui diraient: il n'a fait cela que par crainte de la mort, je te ferais ce plaisir, et je ne le ferais que pour te faire plaisir». Allah révéla alors: (Tu ne guides pas celui que tu aimes, mais c'est Allah qui guide qui il veut, et il connaît mieux les bien-guidés)(28/56). 
 
 
1.4 Le Prophète refuse d'abandonner le prêche pour Allah 
 
Ôouqayl Ibn Abou Talib, qu'Allah l'agrée, rapporte: les qouraychites vinrent chez Abou Talib - il raconta le récit (du ch3 §1.2) et précisa: Abou Talib dit au Messager d'Allah, prière et paix sur lui: «Mon neveu! Par Allah! Tu m'as toujours obéi. Ta tribu est venue prétendre que tu viens dans leur Kaâba et dans leurs cercles les importuner par tes paroles. Alors, si tu veux bien, laisse-les tranquilles». Le Prophète regarda le ciel et déclara: «Par Allah! Il m'est impossible de laisser ma mission pour laquelle je suis envoyé tout comme il vous est impossible d'allumer du feu avec le soleil». Dans une autre version: Abou Talib lui dit: «Ta tribu est venue me voir et m'a dit ceci et cela. Alors épargne-moi et épargne ta propre personne, et ne m'accable pas par ce que je ne peux supporter et toi non plus. Arrête de leur dire les paroles qu'ils détestent». Le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, crut que son oncle avait changé d'avis à son sujet, qu'il allait le lâcher et l'abandonner et qu'il n'avait plus la force de résister avec lui. Il répondit: «Mon oncle, si le soleil était posé dans ma main droite et la lune dans ma main gauche, je ne laisserais pas cette affaire jusqu'à ce qu'Allah la fasse triompher ou que je périsse pour sa cause». Et le Messager d'Allah fut pris par les larmes et pleura - la suite du récit est au ch3 §1.2. 
 
Jèbir Ibn Abdallah, qu'Allah les agrée, a dit: les qouraychites se rassemblèrent un jour et décidèrent: «Choisissons le plus instruit parmi nous en sorcellerie, en voyance et en poésie. Qu'il aille voir cet homme qui a divisé notre groupe, désorganisé nos affaires et critiqué notre religion. Qu'il lui parle et qu'il voie ce qu'il répondra». Ils conclurent: «Nous ne connaissons personne d'autre que Ôotba Ibn Rabiâa». Ils lui dirent: «Vas-y, père de Walid». Ôotba partit le voir et questionna: «Mouhammed! Es-tu meilleur que Abdallah (son père T)?» Le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, se tut. Il reprit: «Es-tu meilleur que Abdelmottalib (son grand-père T)?» Le Prophète se tut encore.  
 
Ôotba continua: «Si tu prétends que ceux-là sont meilleurs que toi, alors ils ont adoré les idoles que tu critiques, et si tu prétends être meilleur, alors parle qu'on écoute tes paroles. Par Allah! Nous n'avons jamais vu quelqu'un chéri par son peuple aussi néfaste pour eux que toi: tu as divisé notre groupe, tu as mis nos affaires en désordre, tu as critiqué notre religion et tu nous as fait un scandale parmi les arabes à tel point qu'ils disent qu'il y a dans notre tribu un magicien, et qu'il y a chez les qouraychites un voyant. Par Allah! Nous nous attendons à tout moment à dégainer nos sabres les uns contre les autres pour nous anéantir. Regarde! Si tu es dans le besoin, nous te ramasserons l'argent jusqu'à ce que tu sois l'homme le plus riche de Qouraych. Si tu as trop envie de femmes, choisis parmi les femmes de la tribu celles qui te plaisent, nous t'en ferons marier dix». Le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, demanda: «Tu as fini? » Il répondit: «Oui». 
 
Alors le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, récita: «(Au nom d'Allah tout miséricordieux, très miséricordieux. Ha Mim. Révélation du tout miséricordieux très miséricordieux. Un livre dont les versets sont clairement détaillés, un Coran arabe pour des gens qui savent. Annonciateur de bonne nouvelle et avertisseur, mais la plupart d'entre eux se détournent: c'est qu'ils n'entendent pas. Et ils dirent: «Nos coeurs sont voilés contre ce à quoi tu nous appelles, nos oreilles sont sourdes et entre nous et toi, il y a une cloison. Agis donc de ton côté, nous agissons du nôtre». Dis: «Je ne suis qu'un homme comme vous, il m'a été révélé que votre dieu est un dieu unique. Cherchez donc le droit chemin vers lui et implorez son pardon». Et malheur aux associateurs qui n'acquittent pas l'aumône et ne croient pas en l'au-delà. Ceux qui croient et accomplissent de bonnes oeuvres ont une récompense jamais interrompue.  
 
Dis: «Renierez-vous celui qui a créé la terre en deux jours et lui donnerez-vous des égaux? Tel est le Seigneur de l'univers. C'est lui qui a fermement fixé des montagnes au-dessus d'elle, l'a bénie et lui assigna ses ressources alimentaires en quatre jours égaux. (Telle est la réponse) à ceux qui t'interrogent. Il s'est ensuite adressé au ciel qui était alors en fumée et lui dit, ainsi qu'à la terre: «Venez tous deux, bon gré, mal gré». Tous deux dirent: «Nous venons obéissants». Il décréta d'en faire sept cieux en deux jours, et révéla à chaque ciel sa fonction. Et nous avons décoré le ciel le plus proche de lampes et l'avons protégé. Tel est l'ordre établi par le puissant, l'omniscient (tout savant). S'ils s'en détournent, alors dis-leur: «Je vous ai avertis d'une foudre destructive semblable à celle qui frappa Âad et Thamoud») (41/1-13)». 
 
 
Ôotba s'écria: «Arrête! Tu n'as pas autre chose?» Il salla Lahou 3alayhi wa salam  répondit: «Non». Ôotba retourna chez les qouraychites et ils le questionnèrent: «Alors?. 
- Je crois, dit-il, que je lui ai dit tout ce que vous auriez pu lui dire. 
- Et t'a-t-il répondu? 
- Oui». Puis il dit: «Non, par celui qui a établi cette construction (la Kaâba C)! Je n'ai rien compris de ce qu'il a dit sauf qu'il vous a averti d'une foudre destructive comme la foudre de Âad et Thamoud. 
- Malheureux! L'homme te parle en arabe et tu ne sais pas ce qu'il dit! 
- Non, par Allah, je n'ai rien compris de ce qu'il a dit sauf la foudre». 
 
Dans une autre version, il rajouta: «Et si tu veux le pouvoir, nous te donnerons nos drapeaux et tu seras notre chef tant que tu vivras». Et quand il récita: (S'ils s'en détournent alors dis-leur: je vous ai avertis d'une foudre destructive semblable à celle qui frappa Âad et Thamoud) (41/13) Ôotba mit sa main sur la bouche du Prophète et l'implora par les liens de parenté d'arrêter. Puis il ne sortit pas voir sa famille et s'enferma. Abou Jahl dit alors: «Par Allah! Gens de Qouraych! Ôotba a du devenir sabéen avec Mouhammed parce que sa nourriture lui a plu et qu'il est dans le besoin. Allons le voir». Ils partirent le voir et Abou Jahl lui dit: «Par Allah! Ôotba! Nous sommes venus uniquement parce que tu es devenu sabéen avec Mou-hammed et son affaire t'a séduit. Si tu es dans le besoin nous allons te réunir ce qui te suffira pour que tu n'aies plus besoin de la nourriture de Mouhammed». 
 
Ôotba se fâcha alors et jura par Allah de ne plus jamais parler à Mouhammed. Il s'indigna: «Vous savez que je suis des plus riches de Qouraych. Mais je suis allé le voir - il leur raconta l'histoire - et il m'a répondu par une chose qui n'est ni la sorcellerie, ni la poésie et ni la voyance. Il a lu: (Au nom d'Allah tout miséricordieux très miséricordieux. Ha Mim. Révélation du tout miséricordieux très misé-ricordieux - jusqu'à - s'ils s'en détournent alors dis-leur: je vous ai avertis d'une foudre des-tructive semblable à celle qui frappa Âad et Thamoud) (41/1-13). J'ai alors mis ma main sur sa bouche et je l'ai imploré par les liens de parenté pour qu'il s'arrête. Vous savez que quand Mohamed salla Lahou 3alayhi wa salam dit une chose il ne ment pas, et j'ai eu peur que le châtiment descende sur vous». 
 
Ibn Omar, qu'Allah les agrée, rapporte: les qouraychites se réunirent pour se concerter au sujet du Messager d'Allah, prière et paix sur lui, alors qu'il était assis dans le lieu de prière (près de la Kaâba T). Ôotba Ibn Rabiâa proposa aux autres: «Laissez-moi aller lui parler, car je serai peut-être plus délicat que vous avec lui». Ôotba se leva, s'assit à côté du Prophète salla Lahou 3alayhi wa salam  et dit: «Mon neveu! Je sais que tu es de notre famille la plus noble et que tu es le plus considéré parmi nous. Tu as causé à ta tribu ce que personne n'a causé à la sienne. Si tu convoites l'ar-gent par ton discours, alors ta tribu s'engage à te réunir l'argent jusqu'à ce que tu sois le plus riche parmi nous. Si tu convoites le prestige, nous t'élèverons jusqu'à ce que personne de ta tribu ne soit plus prestigieux que toi et nous ne prendrons aucune décision sans toi. Et si tu es possédé et tu ne peux t'en défaire, nous dépenserons nos richesses et ferons tout notre possible pour t'en guérir jusqu'à être excusés et dégagés de ta responsabilité. Et si tu veux la royauté, nous te ferons roi». 
 
Le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, demanda: «As-tu fini Aboul Walid? » Il répondit: «Oui». Alors le Messager d'Allah lut: (Ha Mim), la sourate La Prosternation (32), jusqu'au verset 15, et se prosterna. Ôotba avait mis sa main derrière son dos jusqu'à ce qu'il finit la lecture, puis il se leva et ne sut que rapporter à l'assemblée de sa tribu. En le voyant venir, ils s'étonnèrent: «Il revient avec un visage différent». Il s'assit avec eux et déclara: «Gens de Qouraych! Je lui ai transmis ce que vous m'aviez demandé. Quand j'eus fini, il me dit des paroles, par Allah, mes oreilles n'ont jamais entendu de paroles semblables et je ne sus que répondre. Gens de Qouraych! Obéissez-moi aujourd'hui et désobéissez-moi pour le reste; laissez-le et retirez-vous de ses affaires. Par Allah! Lui, ne va pas laisser son affaire. Laissez-le avec les autres arabes: s'il les domine, son prestige sera le vôtre et sa puissance sera la vôtre. S'ils le battent alors d'autres se seront chargés de votre besogne à votre place». Ils rétorquèrent: «Tu es devenu sabéen, Aboul Walid». 
 
 
1.5 Le Messager d'Allah persiste à militer pour le prêche dont Allah l'a chargé  
 
Almiswar Ibn Makhrama et Marwane racontent: le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, par-tit à la Mecque en l'an six (après la bataille des coalisés T) pour accomplir la ôomra. Boudèyl Ibn Warqa Alkhouzèîi le rencontra avec des gens de sa tribu Khouzaâa; ils étaient les hom-mes de confiance du Messager d'Allah parmi les habitants de Tihèma. Boudèyl dit: «Je viens de laisser Kaâb Ibn Louay et Âamir Ibn Louay, ils se sont installés aux points d'eau de Hou-dèybiya et ont ramené toutes leurs forces». Le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, décla-ra: «Nous ne sommes venus pour combattre personne, mais nous sommes venus pour ac-complir la ôomra. Les qouraychites sont épuisés et endommagés par la guerre. S'ils veulent, je conclurai avec eux un traité de paix pour une certaine durée et qu'ils me laissent avec les gens. Si je suis victorieux, alors ils pourront accepter ce que les gens ont accepté, sinon ils seront débarrassés de moi. Et s'ils refusent (la paix T), par celui qui détient mon âme dans sa main! Je les combattrai pour mon affaire jusqu'à ce que ma tête soit coupée, et l'ordre d'Allah sera assurément accompli». 
 
Dans une autre version: «Malheur aux qouraychites! La guerre les a rognés. Qu'est ce qui les dérange s'ils me laissent avec les arabes? S'ils me battent, ce sera ce qu'ils voulaient. Si Allah me donne la victoire sur eux, les qouraychites pourront soit embrasser l'Islam en prospérité, soit combattre avec leurs forces s'ils n'acceptent pas l'Islam. Que s'imaginent-ils donc? Par Allah! Je ne cesserai de les combattre pour ce qu'Allah m'a envoyé jusqu'à ce qu'Allah me donne la victoire ou que ce cou soit détaché». 
 
 
1.6 Le Messager d'Allah ordonne à Ali de prêcher l'Islam dans la bataille de Khaybar 
 
Sahl Ibn Saâd, qu'Allah l'agrée, raconte: le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, déclara le jour de Khaybar: «Je donnerai cet étendard (donc le commandement C) demain à un homme: Allah accordera la victoire par ses mains, il aime Allah et son Messager et Allah et son Messager l'aiment». Les musulmans passèrent la nuit à débattre fébrilement au sujet de cette personne qui le recevra. Le matin, ils se rendirent chez le Prophète salla Lahou 3alayhi wa salam , chacun espérant le recevoir. Il demanda: «Où est Ali Ibn Abou Talib? » Ils répondirent: «Ô Messager d'Allah! Il est malade des yeux».  
 
Le Prophète salla Lahou 3alayhi wa salam  envoya le chercher, il vint et le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, cracha dans ses yeux et pria pour lui. Il guérit alors comme s'il n'avait rien eu. Le Prophète lui donna l'étendard et Ali demanda: «Ô Messager d'Allah! Dois-je les combattre jusqu'à ce qu'ils soient comme nous? » Il répondit: «Vas-y doucement jusqu'à leur terrain. Puis appelle- les à l'Islam et informe-les de leurs devoirs envers Allah dans l'Islam. Par Allah! Si Allah guide par ton biais une seule personne, ce sera mieux pour toi que d'avoir des chamelles rouges (qui étaient les biens les plus précieux C)». 
 
 
1.7 Le Messager d'Allah patiente en prêchant Alhakam Ibn Kisène à l'Islam 
 
Almiqdad Ibn Âamr raconte: j'ai capturé Alhakam Ibn Kisène et notre émir voulut le décapiter. Mais j'ai dit: «Laisse-le qu'on le ramène chez le Messager d'Allah, prière et paix sur lui». Nous sommes rentrés et le Messager d'Allah se mit à l'inviter à l'Islam et y passa un long moment. Omar intervint: «Pourquoi lui parles-tu, Ô Messager d'Allah? Par Allah! Il n'acceptera pas l'Islam jusqu'à la fin des temps. Laisse-moi lui couper la tête et qu'il aille au précipice qu'il mérite». Le Prophète, prière et paix sur lui, ne prêta pas l'oreille à Omar jusqu'à ce qu'Alhakam embrassa l'Islam.  
 
Omar déclara: «Dès que je l'ai vu embrasser l'Islam, je me suis rendu compte de mon comportement et de ce qui s'était passé. Je me suis reproché: comment puis-je m'opposer au Prophète dans une affaire qu'il connaît mieux que moi? Puis je me suis dit: j'ai seulement voulu conseiller en bien Allah et son Messager». Omar raconte: «Il s'est converti et, par Allah, il est devenu un bon musulman et a combattu pour Allah jusqu'à ce qu'il trouva le martyre à Bir Maôouna (où soixante-dix musulmans furent trahis et tués en l'an 4, voir ch6 §13.16 C). Le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, était satisfait de lui et il entra aux jardins du Paradis». 
 
Dans une autre version: Alhakam questionna: «Et qu'est l'Islam?» Le Prophète salla Lahou 3alayhi wa salam  répondit: «Tu adores Allah seul sans associé, et tu attestes que Mouhammed est son serviteur et messager». Il déclara: «J'accepte l'Islam». Le Prophète, prière et paix sur lui, se tourna alors vers ses compagnons et leur dit: «Si je vous avais obéi tout à l'heure, je l'aurais tué et il entrerait au Feu».  
 
 
1.8 Histoire de la conversion de Wahchi  
 
Ibn HarbIbn Âabbès, qu'Allah les agrée, rapporte: le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, convoqua Wahchi Ibn Harb qui avait tué Hamza, qu'Allah l'agrée, pour l'inviter à l'Islam. Wahchi envoya lui dire: «Ô Mouhammed! Comment m'invites-tu alors que tu prétends que celui qui a tué, associé ou commis l'adultère trouvera un châtiment; la souffrance lui sera doublée le jour de la résurrection et il y sera éternel et humilié? Et moi, j'ai commis tout cela. Me trouves-tu une exception?» Allah révéla alors: (Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne oeuvre; ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Allah est pardonneur et miséricordieux) (25/70). Wahchi fit la remarque: «Ô Mouhammed! C'est une condition très dure: [Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne action]. Il se peut que je ne puisse faire cela». 
 
Allah descendit alors: (Certes, Allah ne pardonne pas qu'on lui donne quelqu'associé. À part cela, il pardonne à qui il veut) (4/48). Wahchi objecta encore: «Ô Mouhammed! D'après ce que je vois, ceci dépend de la volonté d'Allah, et je ne sais pas s'il me pardonnera ou non. Y a-t-il autre chose?» Allah révéla enfin: (Ô mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah, car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est lui le pardonneur, le très miséricordieux) (39/53). Wahchi déclara: «Là, d'accord», et il embrassa l'Islam. Des musulmans demandèrent: «Ô Messager d'Allah! Nous avons commis les mêmes choses que Wahchi?». Il répondit: «Ce verset est pour tous les musulmans». 
 
Ibn Âabbès, qu'Allah les agrée, rapporte aussi: des gens parmi les idolâtres (dont Wahchi I) avaient beaucoup tué et beaucoup commis l'adultère. Ils vinrent voir Mouhammed, prière et paix sur lui, et déclarèrent: «Ce que tu dis et prêches est bien si tu nous informais d'une expiation pour nos péchés». Allah révéla: (Qui n'invoquent pas d'autre dieu avec Allah et ne tuent pas la vie qu'Allah a rendue sacrée, sauf à bon droit; et qui ne commettent pas de fornication (l'adultère) - car quiconque fait cela encourra une punition et le châtiment lui sera doublé au jour de la résurrection, et il demeurera éternellement couvert d'ignominie (humilié). Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne oeuvre; ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Allah est pardonneur et miséricordieux) (25/68-70) et révéla: (Dis: «Ô mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est lui le pardonneur, le très miséricordieux») (39/53). 
 
 
1.9 Fatima pleure de la dégradation de l'état du Prophète à cause de l'effort pour sa mission 
 
Abou Thaâlaba Alkhouchèni rapporte: le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, revint d'une bataille, entra dans la mosquée et pria deux rakâat. Il aimait, en rentrant de voyage, prier deux rakâat à la mosquée, puis passer chez Fatima (sa fille T) et enfin chez ses femmes. Une fois, il rentra de voyage et se rendit chez Fatima avant les maisons de ses femmes. Elle l'accueillit à la porte de la maison et se mit à embrasser son visage (dans une version: et sa bouche) et ses yeux en pleurant. 
 
Il lui demanda: «Pourquoi pleures-tu?» Elle répondit: «Je vois que ton teint a pâli et que tes habits sont en loques». Il la consola: «Fatima! Ne pleure pas, car Allah a envoyé ton père pour une affaire qu'Allah fera pénétrer dans toute maison de ville, de village et de campagne par l'honneur (de son allié C) ou le déshonneur (de son ennemi C) jusqu'à ce qu'elle atteigne ce que la nuit a atteint (le monde entier T) ». 
 
 
1.10 Récit de Tèmim Addari sur la propagation du prêche de l'Islam 
 
Tèmim Addari raconte: j'ai entendu le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, dire: «Cette affaire atteindra ce que le jour et la nuit ont atteint. Dans chaque maison de ville et de campagne, Allah fera pénétrer cette religion par l'honneur d'un heureux et le rabaissement d'un malheureux; un honneur par lequel Allah élève l'Islam et ses fidèles et un déshonneur par lequel Allah rabaisse la mécréance». Tèmim Addari rajoutait: «J'ai vu cela dans ma famille: ceux qui embrassèrent l'Islam eurent le bien, l'honneur et le prestige tandis que les mécréants subirent l'humiliation, la bassesse et la dîme».  
 
 
1.11 Omar tient au retour des apostats à l'Islam 
 
Anas, qu'Allah l'agrée, raconte: Abou Moussa, qu'Allah l'agrée, m'envoya annoncer la victoire de Toster (la plus grande ville de Khawzistan C) à Omar, qu'Allah l'agrée. Six personnes de Bakr Ibn Wèil avaient quitté l'Islam et rejoint les idolâtres. Omar me questionna: «Qu'est-il arrivé aux hommes de Bakr Ibn Wèil? 
- Chef des croyants! répondis-je. Des gens qui ont quitté l'Islam et rejoint les païens, il n'y a qu'à les tuer. 
- Je préfère les prendre en paix à tout l'or et argent que le soleil a éclairé. 
- Chef des croyants! Que ferais-tu d'eux si tu les prenais? 
- Je leur proposerais de rentrer par la porte d'où ils sont sortis. S'ils acceptent, j'ac-cepterais leur retour, et sinon, je les garderais en prison (dans l'espoir qu'ils se repentent C)». 
 
Abderrahmane Alqari raconte: un envoyé d'Abou Moussa (gouverneur de Basra C), qu'Allah l'agrée, arriva chez Omar Ibn Alkhattab, qu'Allah l'agrée. Omar s'enquit de l'état des musul-mans et il l'informa. Puis Omar questionna: «Avez-vous des nouvelles des pays lointains? 
- Oui, répondit-il, un homme a renié après sa conversion à l'Islam. 
- Qu'en avez-vous fait? 
- Nous l'avons placé devant nous et nous lui avons tranché la tête. 
- Pourquoi ne l'avez-vous pas emprisonné trois jours, nourri chaque jour d'un morceau de pain, et encouragé au repentir? Peut être se serait-il repenti et serait-il retourné à l'ordre d'Al-lah. Ô Allah! Je n'ai pas assisté, je n'ai pas ordonné, et je n'ai pas approuvé en apprenant ! » 
 
Âamr Ibn Alâaç, qu'Allah l'agrée, écrivit à Omar, qu'Allah l'agrée: «Un homme a embrassé l'Islam puis a renié, puis il l'a embrassé puis renié, et a refait cela plusieurs fois. Doit-on accepter son repentir?» Omar lui écrivit: «Accepte son repentir tant qu'Allah l'accepte de lui. Propose-lui l'Islam; s'il accepte, laisse-le, sinon coupe sa tête». 
 
 
1.12 Omar pleure pour l'effort d'un moine 
 
Omar, qu'Allah l'agrée, passa près d'un moine. Il s'arrêta et on appela le moine. On lui dit: «Voici le chef des croyants». Omar le regarda, constata son épuisement par l'effort et l'ascétisme et pleura. On lui objecta: «C'est un chrétien». Omar répondit: «Je sais, mais j'ai eu pitié de lui. Je me suis rappelé la parole d'Allah: (Préoccupés, harassés. Ils brûleront dans un feu ardent) (88/3-4), j'ai eu pitié de sa fatigue et de son effort alors qu'il va au Feu». 

http://oussoul.xooit.fr/t461-L-amour-et-l-ardeur-dans-la-preche-a-l-Islam.htm

Rédigé par Oussoul

Publié dans #Tabligh - Prêche à l'Islam

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