Les qualités obligatoires des Messagers et celles qui leur sont impossibles (3/3)

Publié le 5 Juillet 2009

Muhammad  
 
Quant au Prophète Mohammad il faut avant tout rappeler que lorsqu'on l'évoque, la politesse, le respect et la vénération sont exigés, à cause de la personnalité peu commune et de sa grandeur. Il est le modèle de l'adorateur humble et soumis au Seigneur. Sa soumission exemplaire à Dieu (Exalté) l'éleva auprès de Lui plus que tout autre humain. 
 
Dès lors, on ne peut trouver dans le saint Coran une image ayant l'apparence d'un reproche de Dieu envers Soit bien-aimé, sans trouver, dans le cadre de cette image, l'expression d'un amour intense, d'une considération, d'un honneur et de belles louanges de Dieu envers Son bien-aimé Mohammad . L'atmosphère dans laquelle se place cette image, déborde de bonté et de tendresse entourant le bien-aimé Mohammad . 
 
 
En voici un exemple : 
 
C'est l'histoire du mariage de Zayd ibn Hâritha , l'esclave affranchi par le Prophète . Le Messager de Dieu l'avait adopté (pratique courante chez les Arabes), puis lui avait donné pour épouse, par ordre de Dieu sa propre cousine paternelle Zaynab bint Jahch . 
 
Cette dernière n'était pas consentante, pour des raisons de classe sociale : elle était libre alors que Zayd était un affranchi. Son frère 'Abdallah ibn Jahch n'avait pas non plus aimé cette alliance indigne de son rang, selon lui. Zaynab et son frère n'acceptèrent qu'à la suite de la révélation du verset suivant : 
 
 
Dieu (Exalté) dit :  
 
 
 
 
wama kana limou/minin wala mou/minatin idha qada allahou warasoulouhou amran an yakouna lahoumou alkhiyaratou min amrihim waman ya^si allaha warasoulahou faqad dalla dalalan moubinan  
 
« Il n'appartient nullement à un croyant ou à une croyante, une fois que Dieu et Son Messager ont décidé une chose, d'avoir encore le choix dans leur façon d'agir. Quiconque désobéit à Dieu et à Son Messager s'égare de toute évidence. » 
 
(Sourate 33. « Les coalisés »,verset 36) 
 
 
Dieu voulait, par ce mariage, abroger une grave pratique sociale héritée de l'époque antéislamique (al-jâhiliya), qui consistait à accorder à l'enfant adoptif tous les droits de l'enfant biologique, et à lui appliquer les mêmes règles, que ce soit dans le partage de l'héritage ou dans l'interdiction au père d'épouser l'ex-épouse de son fils adoptif, etc. 
 
Le mariage de Zayd avec Zaynab était donc une préparation à l'abrogation définitive de cette coutume. Dieu (Exalté) avait déjà annoncé à Son Prophète Mohammad que Zayd allait se séparer de Zaynab, et qu'il allait lui-même l'épouser, afin de mettre fin concrètement à cette coutume antéislamique à travers la personne même du Messager de Dieu . 
 
Peu de temps après cette union, Zayd vint, en effet, se plaindre au Messager de Dieu du comportement méprisant de son épouse à son égard, et lui annoncer que la vie commune était devenue impossible. 
 
Le Messager de Dieu était le seul à savoir que le divorce allait avoir lieu, mais il disait néanmoins à Zayd : « Garde pour toi ton épouse et craint Allah » (Sourate 33, «Les coalisés», verset 37) 
 
Il voulait ainsi traiter ce désaccord conjugal comme le font les hommes dans de telles circonstances gênantes, c'est-à-dire procéder par étapes. Bien qu'il connut déjà le résultat final, Dieu ne lui avait-il pas révélé le moment exact de cette séparation ? Il pouvait donc, en attendant, agir à sa guise jusqu'au terme fixé. 
 
Malgré tout cela, le Prophète jugeait la chose très grave, et craignait que cela ne soulève autour de lui les commérages et les mensonges poussés à l'excès. 
 
En effet, Médine était pleine d'ennemis hypocrites et autres qui étaient à l'affût de tout geste et de toute parole du Messager de Dieu . Quand on sait que lors d'un divorce ordinaire, épouser une divorcée engendre souvent des railleries et humiliation du second époux, qu'en est-il alors, si celui qui accorde le divorce d'une femme et l'épouse ensuite, n'est autre que le Messager de Dieu ? 
 
C'est pourquoi il fallait absolument que des versets du Coran vinssent trancher le litige, expliquer le cas juridique, en indiquer tous les attendus et pousser le Messager de Dieu à hâter l'exécution de l'ordre de Dieu, dans un style propre à la rhétorique arabe, qui combine à la fois l'incitation et la provocation. 
 
Dieu (Exalté) dit à ce sujet : 
 
 
wa-idh taqoulou lilladhi an^ama allahou ^alayhi wa-an^amta ^alayhi amsik ^alayka zawjaka waittaqi allaha watoukhfi fi nafsika ma allahou moubdihi watakhcha alnnasa waallahou ahaqqou an takhchahou falamma qada zaydoun minha wataran zawwajnakaha likay la yakouna ^ala almou/minina harajoun fi azwaji ad^iya-ihim idha qadaw minhounna wataran wakana amrou allahi maf^oulan  
 
« Rappelle-toi quand tu disais à celui que Dieu avait combla de Ses bienfaits et que toi-même avait comblé des tiens : « Garde pour toi toit épouse et crains Dieu. » Et tu dissimulais en toi-mérite ce que Dieu devait produire au grand jour. Tu redoutais l'opinion des gens, alors que Dieu est plus digne d'être craint. Lorsqu'enfin Zayd eut cessé tout rapport avec sa femme, Nous te la donnâmes pour épouse, afin qu'il n'y ait point d'empêchement pour les croyants de contracter mariage avec les ex-épouses de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci ont rompu tout commerce avec elles. C'est ainsi que les ordres de Dieu sont immuables, suivis d'effet. »  
 
(Sourate 33. « Les coalisés» verset 37) 
 
 
 
Ce récit coranique est édifiant et explicite. Mais, ceci n'empêche pas les personnes intéressées de se lancer dans une campagne de dénigrement et d'accuser le Messager d'avoir commis une faute indigne de sa haute position. En mettant à profit la Parole de Dieu :
 
« Tu redoutais les opinions des gens, alors que Dieu est plus digne d'être craint » ils s'adonnèrent avec joie à fabriquer des mensonges à l'encontre de Dieu et de Son Messager .  
 
 
Pourtant, s'ils avaient bien saisi le style du Coran, ils auraient vu qu'il se sert toujours de ce procédé stylistique pour provoquer les gens et les inciter à s'engager dans l'accomplissement des choses graves, sans crainte et avec empressement. 
 
Dieu (Exalté) dit, en effet, aux croyants pour les inciter a combattre leurs ennemis : 
 
 
 
ala touqatilouna qawman nakathou aymanahoum wahammou bi-ikhraji alrrasouli wahoum badaoukoum awwala marratin atakhchawnahoum faallahou ahaqqou an takhchawhou in kountoum mou/minina  
 
 
« Ne combattriez-vous donc point des gens qui ont failli à leurs serments, qui avaient décidé d'expulser le Messager alors que ce sont eux qui ont commencé les premiers ? Auriez-vous peur d'eux ? C'est Dieu qui est plus digne de votre crainte, si vous êtes croyants. » 
 
(Sourate 9. « Le repentir », verset 13) 
 
Ces paroles s'adressaient aux Compagnons du Prophète dont on connaît pourtant l'engagement sincère et l'esprit de sacrifice qui animaient leur combat pour la cause de Dieu (Exalté). 
 
Dieu (Exalté) dit pour provoquer les gens et les pousser à appliquer la sentence légale sur les adultérins : 
 
 
 
 
alzzaniyatou waalzzani faijlidou koulla wahidin minhouma mi-ata jaldatin wala ta/khoudhkoum bihima ra/fatoun fi dini allahi in kountoum tou/minouna biallahi waalyawmi al-akhiri walyachhad ^adhabahouma ta-ifatoun mina almou/minina  
 
« Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l'exécution de la Loi de Dieu, si vous croyez vraiment à Dieu et au Jour ultime. »  
 
(Sourate 24. « La lumière ». verset 2) 
 
Les exemples sont nombreux dans le Coran, qui ne visent pas pour autant à mettre en cause la foi des fidèles, ou les rabaisser. C'est un moyen qui vise à inciter les croyants à l'obéissance et de les presser dans l'exécution des Ordres de Dieu quand il s'agit de choses de haute importance. 
 
Pour mieux saisir le sens de cette locution coranique adressée au Prophète il suffit de la remettre dans son contexte, et de lire la Suite du verset dans lequel Dieu azawajal  dit : « Lorsqu'enfin Zayd eut cessé tout rapport avec sa femme. Nous te la donnâmes pour épouse... » 
 
 
C'est Dieu (Exalté). Lui-même, qui se chargea de donner épouse à Son Messager , pour mettre fin à cette coutume. C'est un honneur suffisant pour le Messager que ce soit Dieu qui le marie. Cet honneur, accordé au Messager , est manifeste dans denombreux autres versets dit saint Coran. Nous en citons ceux-ci: 
 
Dieu (Tout-Puissant) dit : 
 
 
 
alnnabiyyou awla bialmou/minina min anfousihim wa-azwajouhou oummahatouhoum waoulou al-arhami ba^douhoum awla biba^din fi kitabi allahi mina almou/minina waalmouhajirina illa an taf^alou ila awliya-ikoum ma^roufan kana dhalika fi alkitabi mastouran  
 
« Le Prophète est plus digne de l'amour et de l'obéissance des croyants que leurs propres personnes.» 
 
 
(Sourate 33. « Les coalisés» verset 6) 
 
Dieu (Exalté) dit aussi : 
 
 
ya ayyouha alnnabiyyou inna arsalnaka chahidan wamoubachchiran wanadhiran  
 
« Ô Prophète ! Nous l'avons envoyé comme témoin, comme annonciateur de bonne nouvelle et comme avertisseur.  
 
wada^iyan ila allahi bi-idhnihi wasirajan mouniran  
 
Tu les convies vers Dieu, avec Sa permission, à l'égal d'un flambeau rayonnant. »  
 
(Sourate 33. «Les coalisés ». versets 45-46) 
 
Dieu (Exalté) dit encore : 
 
 
 
inna allaha wamala-ikatahou yousallouna ^ala alnnabiyyi ya ayyouha alladhina amanou sallou ^alayhi wasallimou tasliman  
 
« Dieu et Ses anges bénissent le Prophète. Ô vous qui avez cru ! Invoquez pour lui sans cesse la Bénédiction et le Salut de Dieu ! »  
 
(Sourate 33. «Les coalisés », verset 56) 
 
Peut-on encore, douter du grand honneur accordé au Messager de Dieu  ? 
 
 
Ceci n'est qu'un condensé d'exemples, grâce auxquels, le lecteur peut tout simplement vivre ce climat divin et peut essayer de savourer ce que contient le Livre de Dieu (Exalté) comme perfection, harmonie et concordance totale avec l'âme humaine, au point de voir les choses sous leur véritable image sans falsification, sans tromperie et sans déformation. 
 
Assurément, Dieu ne dit que la Vérité, quand Il décrit le Coran par ces paroles : 
 
 
 
 
afala yatadabbarouna alqour-ana walaw kana min ^indi ghayri allahi lawajadou fihi ikhtilafan kathiran  
 
« Si ce Coran provenait d'autre que Dieu, ils s'y trouveraient certainement des contradictions abondantes. » 
 
(Sourate 4, « Les femmes », verset 82) 
 
Les principes, qui viennent d'être exposés, sont tirés de l'ouvrage de Fakhr ad-Din ar-Râzi intitulé l'infaillibilité des Prophètes, des avis d'autres savants et de réflexions personnelles sur la question de l'infaillibilité (al-'isma) des Prophètes (Bénédiction et Salut de Dieu sur eux tous). 
 
Si, après avoir connu les principes qui viennent d'être développés, une quelconque équivoque vient harceler le lecteur avec insistance, a propos de l'un ou l'autre Messager de Dieu , ou de la compréhension d'un verset du Coran ou d'un des hadith du Messager de Dieu de plus amples informations se trouvent dans les commentaires du Coran exempts des versions israélites (al-isra'iliyât), tels : les exégèses d'ar-Râzî, d'al‑Aloùsî, d'al-Baydawî, d'al-Qasîmî, d'al-Marâghî. 
 
Pour les commentaires des hadîth, le lecteur peut consulter les commentaires d'Ibn Hajar : Fath al-Bârî sur le Sahîh de l'imam al-Boukhârî, le commentaire de l'imam an-Nawawi sur le Sahîh de Mouslim, à l'imam ach-Chawkânî, al-Awhadhî et leurs semblables. 
 
En vérité, c'est Dieu qui guide sur le droit chemin. 


http://oussoul.xooit.fr/t42-Les-qualites-obligatoires-des-Messagers-et-celles-qui-leur-sont-impossibles.htm#p73

Rédigé par Oussoul

Publié dans #Aqida Tawhid - Foi Unicité

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