Quelques règles de fraternité en Islam

Publié le 6 Juillet 2009

    
 
     
 
Quelques règles de fraternité en Islam    


 
S'agissant de la vue, l'amitié consiste à ce que tu les regardes avec une affection qu'ils reconnaissent chez toi, que tu regardes leurs bons côtés, que tu fermes les yeux sur leurs défauts et que tu ne détournes pas d'eux ton regard au moment où ils se tournent vers toi et te parlent. On rapporte sur l'Envoyé de Dieu, aleyi al salat wa salam qu'il ne privait pas de son visage celui qui s'asseyait avec lui et l'écoutait attentivement au point de se croire l'homme le plus honoré par lui. Voilà ce qui distinguait ses réunions, ses écoutes, ses conversations, sa bienveillance dans ses demandes et ses attitudes avec ceux qui s'asseyaient avec lui. Car ses réunions étaient des réunions marquées par la pudeur, la modestie et le sens de la fidélité et de la responsabilité. 
 
Du reste, le Prophète aleyi al salat wa salam était, de tous les hommes, celui qui souriait et riait le plus devant ses compagnons et qui manifestait son étonnement devant ce qu'ils lui disaient. De même, le rire de ses compagnons en sa présence était un sourire parce qu'ils se conformaient à son exemple. S'agissant de l'ouïe, cela consiste à écouter leurs propos en te délectant, en les croyant et en montrant de la réjouissance, sans couper leurs paroles par une envie ou une opposition ou une intervention ou une ojection, et, si quelque chose t'oblige à le faire, tu t'excuses auprès d'eux. Tu dois aussi retenir ta langue pour qu'ils n'entendent pas ce qu'ils détestent. 
 
Pour ce qui est de la langue, il y a le devoir de ne pas élever sa voix devant eux et de ne leur adresser que les propos qu'ils comprennent. Pour ce qui est des deux mains, il ne doit pas les retenir pour les aider dans tout ce qui est du ressort de la main. S'agissant des pieds, il doit marcher derrière eux comme font les disciples, non comme ceux qui sont suivis, ne pas les devancer plus qu'ils ne le font et ne s'approcher d'eux qu'autant qu'ils s'approchent de lui. Il doit aussi se lever pour eux lorsqu'ils arrivent et ne s'asseoir que lorsqu'ils s'asseoient en gardant une attitude modeste. 
 
Cela dit, plus l'union est parfaite, plus sa charge devient légère à propos de ces devoirs comme le fait de se lever ou de s'excuser ou de faire de l'éloge, car il s'agit des devoirs de l'amitié qui excluent quelque chose d'étranger et d'affecté. Aussi, lorsque l'union devient le tapis de l'affection et des manières et se plie complètement, l'ami traite son ami comme si c'était lui même parce que ces règles de bienséance manifestes sont l'expression des bonnes règles de l'intèrieur et le signe de la pureté. Car plus les coeurs deviennent purs plus ils se passent de l'affectation et du maniérisme pour exprimer ce qu'il y a en eux. 
 
C'est que celui qui fixe son regard sur l'amitié des créatures, tantôt il se tord tantôt il est droit. Quant à celui qui concentre son regard sur Le Créateur, il garde la rectitude intérieurement et extérieurement, embellit son intérieur de l'amour pour Dieu et pour Ses créatures et orne son extérieur de l'adoration et du service rendu à Ses créatures, car il s'agit de la forme la plus élevée du service pour Dieu. Mais on n'y parvient qu'au moyen du bon caractère, grâce auquel le serviteur atteint le rang, si ce n'est pas plus, de celui qui jeûne et prie souvent. 
 
Si tu veux la bonne cohabitation, accueille ton ami et ton ennemi avec un visage content, sans soumission ni frayeur à leur égard, avec repect, sans orgueil et avec humilité sans humiliation. Dans toutes tes affaires, opte pour le juste milieu car les extrêmes sont mauvais. Ne sois pas dédaigneux, ne te retourne pas beaucoup, ne te mets pas debout en passant près d'un cercle de gens assis et lorsque tu t'assois ne t'assois pas de manière à être près pour te lever. Lorsque tu t'assois avec les gens, sois calme et paisible en ayant des propos ordonnés et réguliers et écoute les bonnes paroles de celui qui te parle sans manifester un étonnement excessif et sans lui demander de répéter. 
 
Ne t'assois pas sur le chemin et si tu le fais, la politesse en ce lieu exige que tu baisses le regard. Tu dois aussi répondre aux salutations, donner aux mendiants, ordonner le bien et interdire le mal; tu dois assister les victimes, secourir l'affligé, aider le faible, renseigner l'égaré, eviter les endroits où l'on crache, et ne cracher ni en direction de la Qibla ni à ta droite mais à ta gauche et sous ton pied. 
 
Mais prends garde à la plaisanterie... En effet les plaisanteries anéantissent le respect, font perdre la face, génèrent la haine, chassent la douceur de l'affection, ternissent la science du savant, font oser le stupide, font perdre la position auprès du sage et apportent le mépris des pieux. En plus elles tuent le coeur, éloignent du Seigneur qu'Il soit Exalté, favorisent l'insouciance, génèrent l'humiliation. A cause des plaisanteries les secrets intimes sont violés,les pensées tuées, les défauts multipliés et les péchés manifestés. D'ailleurs on a dit: "les plaisanteries ne proviennent que de la bassesse ou de l'insolence et de l'impertinence". Aussi, celui qui subit les plaisanteries ou les tumultes dans une réunion se doit de mentionner Dieu en se levant pour la quitter. 
 
En effet le prophète salla Allahou 3alayhi salam a dit :" celui qui s'asseoit dans une réunion tumultueuse où on bavarde beaucoup doit dire avant de se lever pour la quitter : Gloire à Toi O mon Dieu et louanges à Toi!.Je témoigne qu'il n'y a pas d'autre Dieu en dehors de Toi . Je te demande pardon et je me repens à Toi!, il lui sera alors pardonné ce qui a été commis au cours de cette réunion."    
 
source: "Les règles de l'amitié et de la fraternité en islam", Abu Hamid al-Ghazali.    

http://oussoul.xooit.fr/t950-Quelques-regles-de-fraternite-en-Islam.htm#p1293

Rédigé par Oussoul

Publié dans #Akhlâq - Bon comportement

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