La Prière (as salat) selon les 4 écoles juridiques (Hanafite 3/4)

Publié le 26 Juillet 2009

L'Ecole Hanafite

Extrait du traité Nur al Idah de al shurunbunlali  
 
 
Les conditions de validité de la prière 
 
 
Vingt-sept conditions sont requises pour que la prière soit valide : 
 
1- Il faut que l'orant soit exempt de tout ce qui fait perdre l'ablution (tel que gaz, règles, pertes de sang, etc). 
2- Que son corps, ses vêtements et le lieu de sa prière, c'est-à-dire l'emplacement des pieds, des mains, des genoux et du front soient purs de toute impureté non tolérée. 
3- Que les parties du corps à cacher soient couvertes, (le fait de voir son corps par l'entrebaillement de l'encolure ou par le bas de son habit n'invalide pas la prière). 
4- Qu'il soit face à la qibla : les Mecquois qui voient la Ka'ba doivent se placer dans l'axe exact de celle-ci. Quant à ceux qui ne peuvent la voir, ils doivent se placer dans sa direction, qu'ils soient ou non Mecquois. 
5- Que la prière soit entrée dans son temps. 
6- Qu'il soit certain d'être dans le temps. 
7- Qu'il fasse l'intention d'entrer en prière. 
8- Qu'il prononce la tahrîma ("Dieu est le plus Grand") immédiatement après avoir formulé l'intention (litt : sans séparation, bila fâsil). 
9- Qu'il la prononce debout avant de se baisser pour l'inclinaison (rukû'). 10-Qu'il ne retarde pas l'intention (d'entrée en prière) après la tahrîma. 
11- Qu'il la prononce de manière à s'entendre lui-même. 
12- Qu'il formule l'intention de suivre l'imâm pour celui qui prie derrière lui. 
13- Qu'il précise [et sache distinguer] les prière obligatoires (fard) de celles qui ont un moindre degré d'obligation (wâjib) ; mais il ne lui est pas nécessaire de préciser les surérogatoires. 
14- Qu'il observe la station debout (wuqûf) [pour les prières obligatoires], mais non pour les surérogatoires. 
15- Qu'il lise du Coran, ne serait-ce qu'un verset, dans deux des rak`a de la prière obligatoire, ainsi que dans toutes celles des prières surérogatoires et du witr ; aucun verset spécifique n'est exigé pour la validité de la prière. 
16- S'il prie derrière un imâm, qu'il ne lise pas derrière lui, mais qu'il écoute et qu'il lui prête toute son attention ; lire derrière l'imâm est fortement déconseillé. 
17- Qu'il fasse l'inclinaison et 
18- la prosternation sur une surface suffisante pour son corps, et sur laquelle le front peut reposer sans en bouger, fût-ce en se prosternant sur ses propres mains ou sur un pan de son habit, à condition que l'endroit où il se prosterne soit pur. 
19- Qu'il fasse la prosternation sur les parties rigides du front et du nez; on ne peut se prosterner sur le nez uniquement sauf en cas d'excuse. 
20- II ne faut pas que l'endroit sur lequel il se prosterne dépasse d'une demi-coudée de hauteur l'endroit où sont posés les pieds, sinon la prosternation n'est pas valable, sauf dans le cas où la foule est si nombreuse qu'il lui est permis de se prosterner sur le dos de la personne prosternée devant lui [à condition que celle-ci se prosterne la tête au sol]. 
21- Il lui faut poser les mains et les genoux [à terre] pendant la prosternation, 
22- et faire reposer au moins une partie des doigts de pieds au sol ; il ne lui suffit pas d'y poser le bout du pied. 
23- Il faut qu'il fasse l'inclinaison avant la prosternation, 
24- et qu'il revienne après la prosternation en position assise. 
25- Puis qu'il refasse une prosternation, 
26- et qu'il demeure durant la dernière station assise le temps de réciter la profession de foi. 
27- Il doit accomplir ce pilier [en fin de après les autres obligations. 
28- Faire la prière à l'état de veille. 
29- Savoir comment faire la prière, de façon à y distinguer les rites obligatoires (fard) de ceux qui sont simplement recommandés (sunna), 
30- et enfin être conscient que la prière que l'on accomplit est une prière obligatoire, de façon à ne pas la prier comme s'il s'agissait d'une surérogatoire. 
 
 
 
Les piliers de la prière 
 
[De toutes les conditions qui viennent d'être citées], celles qui constituent les piliers de la prière sont au nombre de quatre : 
 
1- La station debout. 
2- La lecture du Coran. 
3- L'inclinaison. 
4- La prosternation. 
 
Certains y ajoutent la dernière station assise d'une durée équivalente au temps de lire la profession de foi. 
 
Les autres conditions de validité se divisent en deux - Soit des conditions de validité pour entamer la prière. - Soit des conditions qui permettent de l'accomplir. 
 
Il est permis de prier sur de la feutrine [d'une certaine épaisseur] dont l'envers est impur, à condition que la partie supérieure soit pure ; ainsi que sur un habit pur dont la doublure est impure à condition qu'elle ne fasse pas corps avec le vêtement [c'est-à-dire qu'elle ne lui soit cousue que partiellement] ; ainsi que sur un pan de vêtement pur même si l'autre pan impur suit les mouvements de celui qui est en prière. 
 
Si le fidèle laisse traîner le pan de son turban impur au sol [comme cela arrive dans certains pays], et que ce pan soit porteur d'une impureté, la prière reste valable tant que cette partie ne suit pas les mouvements du fidèle en prière ; par contre, si elle se met à suivre les mouvements de la prière, celle-ci n'est alors plus valable. 
 
Celui qui ne dispose pas de quoi nettoyer une impureté, prie sans la nettoyer, et sans qu'il lui soit nécessaire de recommencer sa prière. 
 
 
Se couvrir les parties à cacher 
 
Celui qui ne dispose pas de quoi se couvrir pourra prier nu sans avoir à recommencer la prière ; mais s'il trouve de quoi se couvrir, fût-ce de la soie, des feuilles ou de la boue, il ne lui est pas permis de prier nu, même s'il doit se couvrir en empruntant ces choses sans les demander à leur propriétaire ; toutefois, si moins du quart de l'habit était pur, il aurait le choix entre prier nu ou couvert, sachant que la prière dans un habit impur est préférable à une prière en état de nudité ; et s'il trouve de quoi cacher partiellement ses parties intimes, il devra l'utiliser pour se couvrir avant tout le sexe et l'anus et s'il ne peut en couvrir que l'un des deux, il couvrira le sexe suivant les uns et l'anus suivant les autres. Il est conseillé à celui qui est nu de prier assis, en faisant uniquement des mouvements de tête (îmâ ), les pieds tendus en direction de la qibla; mais s'il prie debout en faisant des mouvements de tête ou en s'inclinant et en se prosternant, la prière reste valable. 
 
 
Les parties intimes 
 
La partie à couvrir, en ce qui concerne : 
 
- Les hommes, est comprise entre le nombril et les genoux [compris]. 
L'esclave [femme] y ajoutera le dos et le ventre. 
- La femme libre ce sont toutes les parties de son corps qui sont à couvrir ; toutefois le visage, les mains et les pieds ne sont pas considérés comme 'awra 
 
Se découvrir le quart d'un des membres appartenant aux parties intimes ('awra) [tel que le sexe, l'anus, la partie du ventre située en dessous du nombril, etc] annule la prière. Si plusieurs de ces membres sont partiellement découverts, et que l'ensemble des parties découvertes représente le quart du plus petit des membres découverts, la prière est annulée, mais si l'ensemble n'atteint pas le quart, la prière reste valable. 
 
 
Faire face à la qibla 
 
Si une personne est dans l'impossibilité de faire face à la qibla à la suite d'une maladie ou parce qu'elle est dans l'impossibilité de descendre de sa monture, car elle craint un ennemi, sa qibla devient alors la direction dans laquelle il lui est possible de se tourner sans danger. 
 
Celui qui ignore la direction de la qibla et ne possède aucune indication de sa direction fait un effort de réflexion pour en déterminer la direction et il n'aura pas à la recommencer s'il s'est trompé de direction. Si, en cours de prière, il vient à apprendre la bonne direction, il n'aura qu'à se tourner vers celle-ci tout en continuant sa prière ; si une personne, qui n'a pas fait d'effort de réflexion, apprend après la prière que la direction qu'il a prise est la bonne, sa prière reste valable, mais s'il apprend que sa direction est la bonne en cours de prière, sa prière est invalidée ; si après un effort de réflexion, différentes personnes d'un groupe prenaient plusieurs directions différentes, en ignorant la direction prise par leur imâm, leur prière serait valable. 
 
 
Les obligations mineures (wâjibât) de la prière  
 
Elles sont au nombre de dix-huit : 
 
1- Lire la Fâtiha [en son intégralité]. 
2- Ajouter une sourate ou trois versets dans deux des rak'a [pas nécessairement les deux premières] des prières obligatoires et dans toutes les rak'a des prières surérogatoires et du witr. 
3- Lire obligatoirement du Coran dans les deux premières rak`a. 
4- Lire la Fâtiha avant la sourate. 
5- Mettre le nez et le front dans la prosternation. 
6- Ne pas négliger la deuxième prosternation dans toutes les rak`a avant de se relever pour une nouvelle rak'a 
7- Accomplir les diverses stations de la prière sans précipitation (itmi'nân). 
8- La première station assise. 
9- La lecture de la profession de foi pendant cette première station. 
10- La lecture de la profession de foi dans la dernière station assise. 
11- Se relever pour accomplir la troisième rak`a sans marquer de temps d'arrêt après la profession de foi. 
12- La prononciation du mot "paix" dans "la paix soit sur vous" de la salutation finale, les mots "sur vous" n'étant pas classés dans les obligations. 
13- L'invocation (qunût) à faire pendant la prière du witr. 
14- Prononcer [plusieurs fois supplémentaires] la formule "Dieu est le plus grand" lors des prières des (deux) fêtes ('Id). 
15- Ainsi qu'au commencement de toute prière. 
16- Prononcer la formule "Dieu est le plus Grand" avant de s'incliner au cours de la deuxième rak`a de la prière des fêtes. 
17- Lire à voix haute pour l'imâm les prières du fajr, les deux premières rak`a du maghreb et du 'ishâ, la prière du vendredi, les prières des fêtes et des tarâwîh, ainsi que le witr pendant le mois de Ramadân. 
18- Lire à voix basse la prière du dhuhr et celle du `asr ainsi que les rak`a postérieures au deux premières rak`a du maghreb et du 'ishâ et les prières surérogatoires diurnes. Celui qui prie seul a le choix entre lire à voix haute ou à voix basse les prières telles que le maghreb, le fajr ou le ishâ; il en va de même pour les prières surérogatoires nocturnes. 
 
Si le fidèle omet la lecture d'une sourate dans les deux premières rak`a du 'ishâ, il peut la lire dans les deux dernières avec la Fâtiha à voix haute; mais s'il omet la Fâtiha [dans les deux premières], il ne la reportera pas dans les deux dernières rak`a. 
 
Les sunna de la prière 
 
Elles sont au nombre de cinquante et une : 
 
1- Lever les mains lors de l'entrée en prière à la hauteur des oreilles pour l'homme et la femme esclave et à la hauteur des épaules pour la femme libre. 
2- Ecarter les doigts. 
3- Prononcer le takbîr en même temps que l'imâm. 
4- Mettre la main droite sur la main gauche en dessous du nombril pour 
l'homme, en posant la paume de la main droite sur la main gauche et en entourant le poignet gauche de l'auriculaire et du pouce droits. 
5- La femme doit placer les mains à hauteur de la poitrine sans que ses avant-bras ne fassent un coude. 
6- Prononcer [à voix basse] l'invocation qui introduit la prière. 
7- Puis réciter la formule de protection (ta'awwudh) obligatoire avant chaque lecture de Coran. 
8- Prononcer la " basmala" ("au Nom de Dieu le Clément, le 
Miséricordieux") au début de chaque rara. 
9- Prononcer le mot "âmîn" après la Fatiha. 
10- Prononcer la formule "c'est à Toi notre Seigneur que revient la louange" (tahmîd) [en se relevant de l'inclinaison]. 
11- La prononcer à voix basse. 
12- Se tenir droit en prononçant la formule d'entrée en prière sans baisser la tête. 
13- Prononcer à voix haute pour l'imâm "Dieu est le plus Grand". 
14- Ainsi que la formule "Dieu entend celui qui Le glorifie". 
15- Ecarter les pieds en station debout d'une distance de quatre doigts. 
16- Il convient que la sourate lue après la Fâtiha figure parmi les longues sourates (1) du Coran pour la prière du fajr et du dhuhr, parmi les sourates moyennes (2) pour la prière du 'asr et du ishâ et parmi les courtes sourates pour la prière du maghreb (3), s'il est sédentaire ; mais il lira les sourates de son choix s'il est en voyage. 
17- Il est également de sunna de prolonger la première rak`a du fajr, 
18- de prononcer le takbîr avant de s'incliner, 
19- ainsi que de répéter trois fois "Gloire à mon Seigneur le Sublime" (tasbîh) [au cours de l'inclinaison]. 
20- Attraper les genoux avec les mains, 
21- en écartant les doigts, mais la femme ne les écarte pas. 
22- Tendre les jambes et 
23- tendre le dos à l'horizontale 
24- de façon à avoir la tête dans le prolongement du bassin. 
25- Se relever de l'inclinaison et 
26- revenu debout, marquer un temps d'arrêt. 
27- Poser [dans l'ordre] les genoux puis les mains puis le front en se prosternant et 
28- faire l'inverse en se relevant. 
29- Prononcer la formule "Dieu est le plus Grand" en se prosternant, 
30- ainsi qu'en se relevant. 
31- Que la prosternation se fasse [la tête] entre les mains. 
32- Prononcer trois fois "Gloire à mon Seigneur le Très-Haut" [en prosternation]. 
33- Ecarter, pour les hommes, le ventre des cuisses, les coudes des côtés et les avant-bras du sol. 
34- La femme, elle, doit se ramasser sur elle-même et coller le ventre aux cuisses. 
35- Se relever et 
36- s'asseoir entre deux prosternations. 
37- Poser les mains sur les cuisses entre deux prosternations comme on le fait quand on est assis en récitant la profession de foi. 
38- Mettre le pied gauche couché [sous le siège] et le pied droit debout. 
39- Se déhancher pour la femme en position assise. 
40- Lever l'index en récitant la profession de foi lors de la négation [lâ ilâha, il n'est de Dieu] et le baisser lors de l'affirmation [illa Allâh, que Dieu]. 
41- Lire la Fâti ha dans les rak'a consécutives aux deux premières. 
42- La récitation de la prière sur le Prophète lors la dernière station assise. 
43- Faire des invocations, qui ressemblent au texte coranique ou à la sunna [pour ce qui est de l'élégance du style], sans employer d'expressions usuelles et vulgaires. 
44- Se tourner à droite puis à gauche pour les salutations finales. 
45- Avoir l'intention pour l'imâm de saluer les hommes en prière avec lui [cela n'exclut pas les femmes ni les enfants] ainsi que les anges gardiens et les pieux d'entre les génies (djinns). 
46- Avoir l'intention, pour celui qui est en prière de saluer son imâm, les fidèles qui prient avec lui ainsi que les pieux d'entre les génies. 
47- Saluer uniquement les anges pour celui qui prie seul. 
48- Prononcer la deuxième salutation en baissant la voix [par rapport à la première]. 
49- Prononcer les salutations [presque] en même temps que l'imâm. 
50- Commencer par la droite. 
51- Attendre, pour ceux qui sont arrivés en retard à la prière, que l'imâm ait terminé la sienne [avant de se lever pour compléter ce qui leur manque]. 
 
(1) Al-Tiwâl al-Mufassal : la partie comprise entre la sourate " al-Hujurât " (" Les apartements ") et la sourate " " (" Les tours zodiacales "). 
(2) Awsât al-Mufassal : la partie comprise entre la sourate " al-Burûj" et la sourate "Lam yakun ". 
(3) Qisâr al-Mufassal : de "Lam yakun" à la fin du Coran. 
 
 
Les convenances (adâb) à respecter en prière 
 
1- Faire sortir les mains des manches pour les hommes. 
2- Regarder, lorsqu'on est debout, l'endroit où l'on va se prosterner, ses pieds lorsqu'on est incliné, le bout de son nez lorsqu'on est prosterné, son giron lorsqu'on est assis et ses épaules lorsqu'on salue [pour quitter la . 
3- Se retenir de tousser dans la mesure du possible. 
4- Se retenir de bâiller. 
5- Se lever lorsque l'on entend le muezzin dire "Accourez au bien" [au cours de l'iqâma] et commencer la prière, pour l'imâm, lorsqu'il entend le muezzin dire "La prière est déjà commencée." 
 
 
Comment accomplir la prière 
 
Lorsqu'un homme désire commencer sa prière, il sort les mains de ses manches, puis il les lève à hauteur des oreilles et prononce "Dieu est le plus Grand" sans allonger la lettre (A) du nom Allâh tout en faisant l'intention [d'accomplir cette ; il est possible de commencer par toute mention de Dieu adressée à Lui exclusivement telle que "Gloire à Dieu", comme il est possible de la faire dans une langue étrangère [à l'arabe] s'il ignore cette langue, sinon non ; pas plus qu'il ne pourrait faire la lecture [du Coran] en langue étrangère s'il connaît l'arabe; puis après avoir prononcé la tahrîma, il place sans attendre la main droite sur la main gauche sous le nombril, et il introduit la prière par cette invocation : "Gloire à Toi, ô mon Dieu et par Ta Louange, béni soit Ton Nom et exaltée Ta Grandeur, il n'est de Dieu que Toi."  
 
Tout fidèle en prière commence par cette invocation qu'il soit imâm, ou derrière un imâm ou encore seul. Ensuite [l'imâm ou celui qui prie isolément] lit à voix basse: "Je demande à Dieu de me préserver du diable maudit", mais non pas celui qui prie derrière l'imâm (muqtadî). Celui qui est arrivé en retard (masbûq) devra prononcer cette formule [en rattrapant ce qu'il a manqué] ; lors des prières des fêtes, il prononce cette formule après les takbîr [qui introduisent] la prière.  
 
Puis il prononce "au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux" à voix basse ainsi qu'au début de chaque rak`a avant la Fâtiha seulement [mais non avant la sourate] ; puis il lit la Fâtiha et l'imâm, imité en cela par ceux qui le suivent, dit " âmîn" à voix basse, puis il lit une sourate ou trois versets du Coran et dit ensuite "Dieu est le plus Grand" en s'inclinant sans se précipiter et en prenant soin d'aligner la tête dans le prolongement du bassin. Il place alors ses mains sur les genoux, les doigts écartés et prononce trois fois au minimum "Gloire à mon Seigneur le Magnifique (ou : le Sublime)".  
 
Puis il se relève sans précipitation en disant : "Dieu entend celui qui Le loue, notre Seigneur, c'est à Toi que revient la louange", qu'il soit imâm ou qu'il prie seul ; celui qui suit l'imâm se contente, lui, de dire : "Notre Seigneur, c'est à Toi que revient la louange". Puis il prononce à nouveau la formule : "Dieu est le plus Grand" en se baissant sans précipitation pour se prosterner et pose ses genoux puis ses mains au sol, et enfin son front et son nez qu'il place entre ses mains et prononce au minimum trois fois : "Gloire à mon Seigneur le Très-Haut". Il écarte [en cours de prosternation] les cuisses du ventre et les bras des aisselles, sauf s'il y a foule [pour ne pas gêner ses voisins]. Il dirige les doigts de ses mains et de ses pieds en direction de la qibla. La femme, quant à elle, se ramasse sur elle-même, en collant le ventre aux cuisses.  
 
Il faut ensuite s'asseoir entre les deux prosternations en marquant un temps d'arrêt, les mains posées sur les cuisses, puis le fidèle prononce un takbîr en se prosternant une seconde fois sans précipitation et en disant trois fois [en prosternation] : "Gloire à mon Seigneur le Très-Haut" en écartant les cuisses du ventre et les bras des aisselles, puis il relèvera la tête en prononçant le takbîr pour se relever sans s'aider de ses mains, ni s'asseoir ; la deuxième rak'a est identique à la première, sauf que l'on ne répète pas l'invocation qui introduit la prière, ni la formule où l'on demande d'être préservé de Satan. 
 
Il est sunna de lever les mains [uniquement] au début de chaque prière, et également pour faire l'invocation de la prière du witr, les takbîr supplémentaires des prières des fêtes, lorsque l'on voit la Ka'ba pour la première fois, lorsque l'on fait le geste d'embrasser la pierre noire, lorsqu'on se trouve debout devant Safa et Marwa, lors des stations de 'Arafât et de Muzdalifa, lors de la lapidation de la première et la deuxième stelle, et en prononçant les formules de glorifications consécutives aux prières [en faisant des invocations]. 
 
Lorsque le fidèle a accompli les deux prosternations de la deuxième rak`a, il couche son pied gauche [sous son siège] et s'assoit dessus et il met son pied droit debout, les orteils en direction de la qibla ; puis il pose les mains sur les cuisses, en tendant ses doigts ; quant à la femme, elle se déhanche (tawarruk) en s'asseyant; il faut ensuite lire l'attestation de foi transmise par Ibn Mas'ûd — que Dieu soit satisfait de lui — en pointant l'index que le fidèle lève lors de la négation et abaisse lors de la confirmation ; il ne faut rien ajouter à l'attestation de foi dans la première station assise, attestation dont voici le texte : "Les salutations reviennent à Dieu ainsi que les prières et toutes choses agréables, que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la Miséricorde et les Bénédictions de Dieu.  
 
Que le salut et la paix soient sur nous ainsi que sur tous les vertueux serviteurs de Dieu. J'atteste qu'il n'est d'autre dieu que Dieu, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est le serviteur et l'Envoyé de Dieu"; il est également de sunna de lire la Fâtiha dans les rak'a consécutives aux deux premières et de s'asseoir ensuite pour réciter l'attestation de foi et les salutations sur le Prophète, suivies d'invocations similaires [dans l'expression] au Coran ou à la Sunna, et de saluer enfin sur sa droite puis sur gauche en disant : "La paix soit sur vous ainsi que la Miséricorde de Dieu" avec l'intention de saluer ceux qui nous entourent comme nous l'avons vu précédemment. 

http://oussoul.xooit.fr/t331-Priere-selon-l-ecole-Hanafite.htm#p450

Rédigé par Oussoul

Publié dans #As-Salât - La Prière

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