Bilâl Al-Habashî

Publié le 6 Février 2010

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Bilâl Al-Habashî  
Le muezzin du Prophète  
 
samedi 8 juillet 2006  
 
 
 
 
Il s’appelle Bilâl Ibn Rabâh plus connu sous le nom de Bilâl Al-Habashî. Sa mère, Hamâmah, était une esclave éthiopienne. Il se convertit à l’Islam alors qu’il était l’esclave de Umayyah Ibn Khalaf. Ce dernier résolut de le torturer jusqu’à ce qu’il renie l’Islam ou qu’il meurt. Il le faisait coucher sur le dos sur le sable brûlant du désert mecquois et faisait poser un rocher énorme sur sa poitrine. Ensuite, Umayyah lui demandait de renier l’Islam et de revenir au polythéisme. Bilâl répondait : « ahadun ahad » (« Dieu est Un, Dieu est Un »).  
 
Un jour, Abû Bakr, le Compagnon du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, passa près de Bilâl au cours d’une séance de torture. Voyant son état, il alla voir Umayyah et lui demanda : « Jusqu’à quand vas-tu torturer ce pauvre ? » Celui-ci répondit : « C’est toi qui est à l’origine de sa souffrance. Pourquoi ne le sors-tu pas de cette situation ? » C’est en effet Abû Bakr qui avait enseigné à Bilâl le message de l’Islam. Sur ce, Abû Bakr proposa à Umayyah d’échanger Bilâl contre un autre esclave plus vigoureux que lui et qui était resté fidèle au polythéisme des Arabes. Umayyah accepta l’échange ; Abû Bakr récupéra Bilâl et l’affranchit. Abû Bakr racheta et affranchit six autres esclaves, des femmes, qui étaient torturées pour leur foi par leurs maîtres païens.  
 
Par la suite, Bilâl accompagna le Prophète et émigra à Médine où le Messager d’Allâh scella une fraternité entre lui et Abû `Ubaydah Ibn Al-Jarrâh. [1] Ce fut là-bas, lorsque les musulmans cherchaient une manière d’appeler à la prière, qu’Allah inspira dans un songe à `Abdullah Ibn Zayd et à `Umar Ibn Al-Khattâb la formulation de l’adhân. Quand il fut question de choisir un muezzin, le Prophète dit à `Abdullah Ibn Zayd : « Enseigne l’adhân à Bilâl car il a une voix plus douce que la tienne. » [2]  
 
Bilâl accompagna également le Prophète dans plusieurs batailles et assista à la conquête de la Mecque. Ce jour-là, et dans cette ville qui avait jadis été le théâtre de la torture de Bilâl, le Prophète lui ordonna de lever l’adhân au-dessus de la Ka`bah. Le Prophète ordonna que la porte de la Ka`bah soit ouverte. Il y rentra et n’emmena avec lui que Bilâl, Usâmah Ibn Zayd et `Uthmân Ibn Talhah avant de fermer la porte de ce lieu sacré au sein duquel ils accomplirent la prière [3]. Après cet événement, à chaque fois que `Umar Ibn Al-Khattâb rencontrait Bilâl, il lui disait : « Abû Bakr est notre maître et il a affranchi notre maître. » [4] .  
 
Un jour, le Prophète dit à Bilâl : « Ô Bilâl quelle est la meilleure œuvre que tu as accomplie pendant ton islam et pour laquelle tu espères la récompense et le pardon d’Allâh ? Au paradis, j’ai entendu le bruissement de tes chaussures devant moi ! » Bilâl répondit : « Espérant la récompense et le pardon d’Allah, je n’ai rien accompli de meilleur que de prier autant qu’Allâh le veuille à chaque fois que je m’ablutionne, que ce soit le soir où le matin. » [5]  
 
Après la mort du Prophète, Bilâl ne put plus lever l’adhân à Médine et voulut partir pour la Syrie. Il se rendit auprès d’Abû Bakr — qu’Allah l’agrée — et lui dit : « Ô Calife du Messager d’Allâh ! Un jour, j’ai entendu le Prophète dire : “La meilleure œuvre du croyant est le jihâd dans le sentier d’Allâh” et je voudrais me consacrer au sentier d’Allâh jusqu’à ma mort. » Abû Bakr répondit : « Je t’en supplie Bilâl, pour l’amour de Dieu, reste à Médine ; j’ai vieilli et mon terme est proche. » Bilâl répondit : « Si tu m’as affranchi pour toi-même, empêche moi de partir. Mais si tu m’as affranchi pour Allah — Exalté soit-Il —, laisse moi partir vers Allah — Exalté soit-Il —. » Abû Bakr — qu’Allah l’agrée — le laissa partir.  
 
Ce ne fut que lorsque `Umar se rendit en Syrie qu’il ordonna à Bilâl de lever l’adhân. Et entendant l’adhân de Bilâl, personne ne vit `Umar pleurer comme ce jour-là.  
 
Après s’être installé en Syrie, Bilâl se maria et y demeura longtemps sans se rendre à Médine. Un jour, il vit le Prophète lui dire dans un songe : « Qu’est ce que cet éloignement, Bilâl ? N’est-il pas temps que tu me rendes visite ? ». Bilâl se réveilla alors attristé et se dirigea vers Médine jusqu’à ce qu’il arriva au tombeau du Prophète où il se mit à pleurer. Ensuite, Al-Hasan et Al-Husayn arrivèrent ; il les serra dans ses bras et les embrassa. Ils lui dirent : « Nous voudrions que tu lèves l’adhân à l’aube. » Il monta alors sur le toit de la mosquée et lorsqu’il commença à dire : « Allahu Akbar, Allahu Akbar ! » (Allah est le plus Grand, Allah est le Plus Grand), Médine fut secouée. Quand il dit : « Ashhadu Allâ ilâha illâ Allâh ! » (Je témoigne qu’il n’existe aucune divinité à l’exception d’Allah), Médine fut secouée davantage. Lorsqu’il dit : « Ashhadu Anna Muhammadan Rasûlullâh ! » (Je témoigne que Mohammad est le messager d’Allah), les femmes sortirent de leurs foyers. Médine, ses hommes et ses femmes, n’avaient jamais été vus pleurant comme ce jour-là.  
 
Dans son ouvrage encyclopédique Hilyat Al-Awliyâ’, Abû Nu`aym affirme que Bilâl a le même âge qu’Abû Bakr. Il dit également qu’il était le secrétaire du Prophète.  
 
Lorsqu’il fut temps à l’âme de Bilâl de quitter son corps, il dit à sa femme :  
 
« Ne dis pas "quelle calamité !"  
Mais dis plutôt "quelle gaieté !"   
Demain je rejoindrai mes bien-aimés,   
Mohammad et ses Compagnons »  

 

 
Al-Bukhârî situe sa mort pendant le califat de `Umar Ibn Al-Khattâb. `Amr Ibn `Alî la situe en l’an 20 A.H.  
P.-S.  
Sources :   
  1. Ibn Hishâm, As-Sîrah An-Nabawiyyah, notamment les pages suivantes : 1, 2.  
  2. Ibn Al-Athîr, Usd Al-Ghâbah fî Ma`rifat As-Sahâbah, Volume 1, pages 243-245.  
  3. Ibn Hajar Al-`Asqalânî, Al-Isâbah fî Tamyîz As-Sahâbah, entrée 736. Une version électronique gratuite est téléchargeable sur le site d’Al-Muhaddith.  
 
Notes  
[1] Lors de l’hégire, le Prophète entreprit de lier chaque immigrant mecquois par un lien de fraternité avec l’un de leurs hôtes médinois. Cette mesure permit de souder les deux communauté de musulmans mais aussi de prendre en charge partiellement les immigrants mecquois qui ont abandonné tous leurs biens en fuyant la Mecque. Cet épisode de Sîrat Ibn Hishâm est consultable en ligne.  
[2] Fath Al-Bârî, d’Ibn Hajar Al-`Asqalânî, Volume I, chapitre 1, hadith n° 1.  
[3] Ibid, chapitre 79, hadith n° 419.  
[4] Ibid, Volume II, chapitre 23, hadith n° 2954.  
[5] Sahîh Muslim, hadith n° 6130  

 

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Rédigé par Oussoul

Publié dans #Grandes figures de l'Islam

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