Le Hadith égare ceux dépourvus de Fiqh
Publié le 16 Juillet 2009
Le Hadîth égare ceux dépourvus de
Fiqh.
Ibn Abî Zayd al-Mâliki rapporte que Sufyân ibn ‘Uyayna a
dit : "Le Hadîth est un gouffre (mad.illa) sauf pour les fuqahâ"
et le compagnon de Mâlik, ‘Abd Allâh ibn Wahb a dit : "Le Hadîth est un gouffre sauf
pour les Uléma. Toute personne mémorisant le hadîth n’ayant pas un imâm en fiqh est égaré (dâll), et si Allâh ne nous avait pas secouru par Mâlik et al-Layth [ibn Sa’d], nous aurions été
égarés."[4]
Ibn Abî Zayd commente : "Il [Sufyân] a voulu dire
que quiconque autre qu’un juriste prendrait les textes dans leur sens apparent alors qu’en fait, il doit être interprété à la lumière d’un autre hadîth ou d’une autre preuve qui lui reste cachée
; ou il pourrait s’agir en fait d’une preuve annulée à cause d’une autre l’abrogeant. Personne ne rencontre (les critères de) la responsabilité du savoir à part ceux qui ont approfondi leur
apprentissage et obtenu le fiqh." L’imâm al Haythami a
dit une chose similaire. [5]
Il a aussi été rapporté d’Ibn Wahb : "J’ai rencontré 316 érudits parmi les gens de science mais, sans Mâlik et al-Layth, j’aurais
dévié." [6] Une autre version dit : "Sans Mâlik ibn Anas et
al-Layth ibn Sa’d j’aurais péri ; j’ai toujours cru que tout ce qui est [authentiquement] rapporté comme venant du Prophète - qu’Allâh lui accorde la bénédiction et le salut - devait être mis en
pratique." [7]
Une autre version dit : "J’ai rassemblé de nombreux hadîths et ils m’ont plongé dans la confusion. J’ai consulté Mâlik et
al-Layth et ils m’ont dit : ‘prends ceci et laisse cela.’" [8] Ibn Wahb a compilé 120,000 récits d’après Ahmad ibn
Sâlih. [9]
Ainsi, Ibn ‘Uqda a répondu à un homme l’interrogeant à
propos d’un certain récit : "Gardez au minimum de tels hadîths car, en vérité, ils ne
sont appropriés que pour ceux qui connaissent leur interprétation. Yahyâ ibn Sulayman a rapporté de Ibn Wahb qu’il a entendu Mâlik dire : ‘Beaucoup de ces hadîths sont [cause] d’égarement.
Certains ont été rapportés par moi et j’aurais souhaité, pour chacun d’entre eux, être par deux fois flagellé à l’aide d’un bâton. Certes je ne les rapporterai plus
!’" [10] Par sa parole, "Beaucoup de ces hadiths sont [cause] d’égarement", Mâlik voulait dire qu’ils étaient utilisés dans un mauvais contexte et un sens erroné, car la Sunna est sagesse et la sagesse est le fait de replacer chaque chose
dans son contexte. [11]
Ibn al-Mubârak a dit : “Si Allâh ne m’avait pas secouru par Abû Hanîfa et Sufyân [al-Thawrî] je serais devenu comme le
reste des gens du commun.” Al-Dhahabî le rapporte ainsi : "Je
serais devenu un innovateur." [12]
[4]Ibn Abî H.âtim dans l’introduction d’al-Jarh. wa al-Ta`dîl (p. 22-23); Ibn Abî Zayd, al-Jâmi`
fî al-Sunan (p. 118-119); Ibn `Abd al-Barr, al-Intiqâ' (p. 61); al-Dhahabî. Voir aussi le commentaire de Shaykh `Abd al-Fattah Abû Ghudda sur cette parole dans ses notes qui se trouvent dans
al-Raf` wa al-Takmil d’al-Lacknawî (2nd ed. p. 368-369, 3rd ed. p. 90-91).
[5]Dans al-Fatâwâ al-H.adîthiyya (p. 283).
[6]Rapporté par Ibn Hibbân dans l’introduction d’al-Majrûh.în (1:42). Il rapporte alors d’Ibn
Wahb une parole similaire où il ajoute les noms de `Amr ibn al-H.ârith et Ibn Mâjishûn.
[7]Rapporté par Ibn `Asâkir et al-Bayhâqi cf. Ibn Rajab, Sharh. Al-`Ilal (1 :413) et `Awwâma
(p.76)
[8]Rapporté Qâdî 'Iyâd dans Tartîb al-Madârik (2 :427)[9]Dans T.abaqât al-Shâfi`iyya al-Kubrâ
d’Ibn al Subki (2:128).
[10]Rapporté par al-Khatîb dans al-Faqîh wal-Mutafaqqih (2: 80).
[11]Shaykh Ismâ`îl al-Ansârî cite par `Awwâma, dans Athar al-Ikhtilaf (p.77)
[12]Ibn H.ajar, Tadhîb al-Tahdhîb
(10:449-452 #817) et al-Dhahabî dans Manâqib Abî Hanîfa.
Le Hafidh Abou Bakr Al-Khatib Al-Baghdadiyy, un des plus
grands spécialistes de la transmission du hadith a dit : « La science ne se prend que de la bouche des savants (al-^oulama') ».
Il est par conséquent indispensable de faire
l'apprentissage des choses de la religion auprès d'un connaisseur fiable qui a pris lui-même d'une personne fiable et ainsi de suite jusqu'aux compagnons. Certains gens du Salaf ont dit : «
Celui qui prend le hadith des livres on l'appelle "bouquineur"(sahafiyy) et celui qui
prend le Qour'an du Moushaf on l'appelle "coraniste"(mous-hafiyy) et on ne l'appelle pas récitant (qari') ». Et le Messager de Allah
a dit
:
a dit
:
[rapporté par Sahih : livre la science : chapitre la science avant la parole et les actes] ce
qui signifie : « Celui à qui Allah prédestine le bien, Il fait qu'il approfondit sa science de la religion, la science ne vient que par l'apprentissage et la science des lois par la
transmission orale des sciences des lois ».
Mouslim a rapporté dans son sahih, Introduction,
démonstration que la transmission par chaîne de transmission orale fait partie de la religion, que l'on ne retient les versions que des gens fiables, que dire du mal des rapporteurs par ce qui
est véritablement en eux est licite et que c'est de surcroît un devoir, ceci ne constitue pas une médisance interdite et encore moins un détournement de la sainte Chari^ah.
Il a donc rapporté de Ibnou Sirin qu'il a dit : « Certes cette science est la science de la religion, faites donc particulièrement attention de qui vous prenez votre religion. »
http://oussoul.xooit.fr/t304-Le-Hadith-egare-ceux-depourvus-de-Fiqh.htm#p402